dimanche 2 septembre 2012

qui et quoi pour éteindre l'incendie, à Marseille???

Ca y est... c'est la guerre... en tous les cas, à Marseille, et selon madame la sénatrice Samia Ghali, qui demande donc l'intervention de l'armée! Une nouvelle opération "com" pour un sénateur, tellement ils ne savent comment se rendre utiles. Il ne peut en être autrement puisque, cette élue ne doit pas être sans savoir que pour faire intervenir l'armée en matière de sécurité, il faudrait que soit décrété l'état de siège. Est-ce le cas? Non, nous en sommes loin!
Voilà donc la cité phocéenne portée, semaine après semaine, en une de tous nos quotidiens et hebdomadaires!
On a, à chaque fois, l'impression que c'est nouveau. Pourtant, il y a tout juste quelques mois, Nicolas Sarkozy nommait Alain Gardère, Préfet des Bouches du Rhône, son prédécesseur n'ayant fait, lui-même, qu'une année à ce poste, pour, selon le ministre de l'époque, "redresser la situation".
Et voilà que l'on commence à sortir, dans les presse, des "noms"; quand bien-même, le porte-parole du Gouvernement  Najat Belkacem, et le Ministre de l’Intérieur lui-même démentent!
On laisse fuiter des noms pour tester les réactions... question d'habitude.
A croire que le seul qui puisse régler le "problème" soit le Préfet! C'est lui qui fait les enquêtes, lui qui va, à 6 heures, interpeller les suspects... bref, c'est le Préfet qu'on change!
Lorsque nos politiques comprendront que ce n'est pas en changeant les hommes, d'une année sur l'autre, que l'on avance... et que, bien au contraire, celui qui est enraciné, qui connait la région, connait les différents partenaires, aura une bien meilleure gestion des évènements. Alors, déjà, ça ira mieux.

le canon d'une kalachnikov
Mais pourtant, aussi bon soit-il, un Préfet, ne peut, à lui tout seul, endiguer un problème. D'ailleurs, j'ajoute que, à Marseille, le problème n'est pas nouveau. Même si l'on fait semblant de découvrir le phénomène.
Dans les années 80, déjà, les règlements de compte étaient légion! Et pour les mêmes raisons qu'aujourd'hui: le contrôle des territoires. Seul le produit change; à l'époque, c'étaient les stupes, les machines à sous et la prostitution... il semblerait que maintenant, cela soit plus porté sur les stups.

Les hommes, également, ont changé; A l'époque, il s'agissait de "vieux" voyous, qui se partageaient le terrain. Désormais, ce sont les caids des cités. Mais le problème est le même. On tue pour l'argent et pour faire peur.

Cela signifie quoi? Eh bien, tout simplement que la police ne dispose pas de plus de moyens qu'il y a vingt ans. Et que l'Etat est incapable de régler le problème.
Alain Gardère, lui-même, nous dit qu'il n'y a pas besoin de plus de policiers. Ça tombe bien, on ne saurait pas où les enlever! La réponse doit bien arranger le Gouvernement.
Bien. Pas besoin de plus de policiers. Que faut-il, alors?
Certes, les règlements de compte sont aussi nombreux qu'il y a vingt ans. Pourtant, quelque chose a tout de même changé. En même temps que les caïds contrôlent les cités, les habitants ne s'y sentent plus en sécurité. Alors même qu'ils sont chez eux. Et cela, ce n'était pas le cas, me semble-t-il, il y a 20/30 ans. Quelque chose a donc bien changé, et la situation s'est aggravée.
Qui a la solution? Vraisemblablement, personne!
Il n'y en a, je pense, qu'une seule. Plus de moyens! Des policiers, que ce soient des enquêteurs ou encore des intervenants en tenue, mais pas seulement. Toute la chaîne doit être complétée. Cela va des personnels sociaux, aux magistrats; en passant par les gardiens de prison, agents de probation, etc... Mais cela, personne ne pourra l'envisager. Il n'y a plus de sous. Alors on va prendre 10 policiers à droite, et les mettre à gauche. 1 magistrat en plus; deux agents de probation.... bref, on va faire un peu de vent, histoire de dire qu'on ne fait pas "rien". Et, une fois que tout cela ne sera plus médiatisé, le jeu des mutations fera que, dans une année, on sera à nouveau au même stade. Des policiers seront partis en retraite et non remplacés, un magistrat aura été muté, et son cabinet ne sera pas repris.... et on reviendra à la case départ.
Depuis bien des années, maintenant, les Gouvernants ne font qu'une seule chose, céder à la médiatisation. Tout ce qui n'est plus médiatisé n'est plus traité. Bref, avant de soigner le mal, on soigne l'opinion.
Et c'est comme cela que, année après année, les extrémistes font leur nid. Ils n'ont qu'à attendre que les gouvernants actuels ne fassent rien. Et, plus le temps passe, plus les électeurs se disent "pourquoi pas".
Mais cela, nos politiques, tant accrochés à leurs sièges, à leurs mandats (volontairement, j'y met un S), ne l'ont toujours pas compris. Ou peut-être est-ce pire. Ils ont compris. Mais ils sont tellement bien, qu'ils n'arrivent pas à décrocher. Une sorte de drogue, en quelque sorte. Ce sont, finalement, les premiers à entretenir ces climats, à leur niveau. Par leur passivité.
Lorsque eux donneront l'exemple, et qu'ils commenceront par être de vrais représentants du peuple, alors, peut-être, pourront-ils être plus efficace pour lutter contre la criminalité.

Mais ce temps-là, je ne suis pas sur de le connaitre un jour!

jeudi 30 août 2012

Une rentrée pas comme les autres

Me voilà à nouveau en liaison avec le monde du 21ème siècle, puisque je dispose désormais de l'ADSL à mon domicile. Voilà quelques jours que j'arpentais les recoins de la maison pour trouver la meilleure connexion 3G. Et, aussi étrange que cela puisse paraître, plus le temps était incertain, meilleure était ma connexion. Bref. Tout ça pour dire que je suis désormais installé.

Il ne me reste donc que quelques jours avant de faire ma rentrée. Une rentrée, en tous points, pas comme les autres.



Cette année, j'aurai un nouveau Directeur, ainsi qu'un nouvel instituteur et de nouveaux camarades de jeu. Les cours dispensés par mon école métropolitaine, étaient suivis, chaque jour par 90 élèves. La nouvelle n'en compte désormais qu'une douzaine; avec tout juste deux classes. L'avantage, c'est que ma classe sera composée presque exclusivement que de petits nouveaux, comme moi.

Même le terrain de jeu sera différent. D'un milieu urbain, je passe à un milieu insulaire. Et pourtant, le but du jeu est le même. Avoir les meilleures notes possible. Comme partout, certains préfèrent le français, et d'autres les maths...
Pourtant, il subsiste quelques points communs avec mon ancienne école. Il va nous falloir noircir de nombreux cahiers, apprendre nos leçons.
Comme dans mon ancienne école, à la fin, les cancres seront renvoyés.


Le bon coté, c'est la cour de récré. Elle est bien plus sympa. Au lieu de m'enfermer l'hiver arrivant, je vais pouvoir jouer en plein air. Avec mes nouveaux voisins...

Bref, pour quelques mois, c'est une nouvelle vie, qui m'attend... différente en tous points. Pas un seul repère, si ce n'est pas petite famille, et poilu à quatre pattes. Humainement, de quoi resserrer les liens, faire des choses à la foi différentes et nouvelles. Et cela tant professionnellement que personnellement. J'y vois là un enrichissement tout particulier. De mon point de vue, la remise en question est nécessaire; régulièrement. De la sorte, on évite l'ennui, la routine. Simplement, on avance, on évolue... et on s'améliore. Enfin, c'est ce que je pense, et ce en quoi j'aspire.

D'un point de vue bien plus général, peut-être vais-je avoir un peu plus de "recul" avec l'actualité juridico-policière, dans la mesure où je serai, ici, hyper spécialisé, et très peu assujetti aux saisines. Peut-être l'occasion d'avoir un autre regard. Ou pas !

De toutes les manières, comme vous pouvez le constater, aucune raison de ne pas continuer à faire état de mes idées. Ici, ou sur Twitter, (via mon compte PJ_un_jour) .
De votre coté, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Le hasard fait que ce billet de rentrée est le 100ème publié sur ce blog... l'occasion pour, pourquoi pas, inover. de fait,  si vous avez envie de publier quelques lignes en tant que professionnel (justice/police), n'hésitez pas à me contacter.

Je vous dit, à très bientôt, au hasard d'une conversation qui ne pourra être qu'enrichissante.



mardi 14 août 2012

de l'image du sport...


Voilà bien longtemps que je n’avais eu l’occasion de rédiger quelques lignes… déménagement et manque d’inspiration (les deux sont peut-être liés) en étaient certainement la cause.


Et voilà qu’en cette fin d’olympiade (avant que ne commencent les paralympiques), un sujet s’impose à ma conscience. Dimanche, nos handballeurs, les « experts » ont réussi l’exploit de conserver leur titre olympique, dans, - petite aparté – ce qui a été un superbe match.

Comme il se doit, ils ont ensuite fait le tour des médias, et répondu environ cinquante fois aux mêmes questions ; mais ça fait partie du jeu. Les voilà donc à Londres, sur le plateau de l’Equipe TV. L’humeur est, somme toute, festive, nos handballeurs sont vraisemblablement quelque peu ennivrés, commençant à démonter le plateau ; bon, appelons un chat un « chat », à le casser. J’avoue, j’ai souri. Claude Onesta et Nicolas Karabatic en tête, s’en sont donné  à cœur joie. Soit. Un fait divers, des images qui font le tour du web et des télévisions.

J’en suis resté là, jusqu’à ce que matin, jusqu’à ce twitt de Joseph Macé Scaron, relayant un article de Nicolas Docao, élève de l’ENS Cachan ; article publié sur « le plus » du Nouvel obs (lien).

Il faut rappeler que, dans les semaines qui ont précedé ces Jeux Olympiques, « l’Equipe » n’avait pas été tendre, avec les joueurs de Claude Onesta. Et ces derniers n’avaient pas « bronché », préferant répondre sur le terrain. Et non pas après avoir marqué un seul petit but (cf Mr Nasri), mais en gagnant la compétition ultime, pour la seconde fois d’affilé.

Je l’ai faite, cette comparaison, mais parce que l’on m’y a obligé. J’étais loin d'y avoir pensé. Mais, désormais, certains handballeurs, sont comparés, par certains, à nos footeux. Personnellement, j’ai du mal à comparer l’attitude d’un Nasri ou d'un menez, dont il suffit de regarder le visage pour lire la haine et/ou la rage qui les habite, avec celle d’Onesta et Karabatic qui, somme toute, sont, certes, îvres, mais joyeux. J’interprète cela comme une « revanche bon enfant ». 

Alors que j’ai exprimé mon petit point de vue sur twitter, l’auteur de l’article m’a fait le parallèle suivant : «  M. le policier, si je casse une voiture bourré pour fêter un concours gagné, vous ne me direz rien. Merci. 

J'ai pu lire, également, certains twitts de magistrats ayant à juger des gamins qui avaient cassé des rétroviseurs dixit "pour s'amuser".
Le parallèle a le mérite d’être interessant. Mais je ne met pas tous ces évènements dans le même panier. 
Effectivement, comme ça, si l’on devait casser ma voiture, je déposerai plainte à l’encontre de son auteur ; festif ou pas, îvre ou pas. Et, en tant que policier, bien évidemment, j’interpellerai la personne. C’est évident. Pourtant, à y regarder plus loin, il subsiste des différences qui, selon moi, ont leur importance.


Ainsi, je pose les questions suivantes :

  • Qu’ont fait les journalistes et les équipes de la chaîne TV, alors que Onesta et consorts démontaient ou cassaient leur décor ? à Rien, ils rigolaient
  • La Chaîne TV a-t-elle déposé plainte ? Je n’ai pas l’info, mais je pense que non.  Si cela devait être le cas, la justice suivra son cours.
J’en reviens à l’exemple de la voiture, qui m’a été donné. Et je reprend mes questions :

  • Je vois quelqu’un qui casse ma voiture : une chose est certaine, je ne vais pas me marrer. Ivre ou pas. Joyeux ou pas. Je vais intervenir
  • De la même manière, je vais déposer plainte contre l’auteur des dégradations.
Et je ne parle pas de la pub indirecte faite à l'Equipe TV, puisque ces images ont faites le tour des médias! 

Et j’en reviens, encore une fois, à la manière. Attachons-nous aux images, puisqu’on les a. Les « casseurs » démontent plus le studio qu’ils ne le cassent ! Ils n’y vont pas à coups de pieds, poings et autres outils pour casser le mobilier. Tout se fait en douceur, et dans la bonne humeur.

Reprenez le cas des Nasri et autres footeux ; regardez juste leurs visages, leurs attitudes. Il n’y a là aucune bonne humeur !

Et, encore une fois, Onesta et autres se sont permis cette « réponse », après avoir répondu sur le terrain. Et, selon moi, c’est fondamental. S’ils avaient perdu au premier tour, on n’aurait entendu personne, et ils n’auraient pas été dans les studios de l’Equipe TV. Nasri se permet des insultes alors qu’il a marqué un seul et unique but, au premier match. Alors qu’il n’a, finalement, rien fait d’autre durant la compétition ; et on connait le résultat.
Pour autant, cela ne veut pas non plus dire que l'on peut tout se permettre parce que l'on gagne! 

J’ajoute simplement une chose : j’adore le foot, et suis très peu connaisseur du hand ; c’est parce que je suis supporter de la France, de toutes les équipes de France, que j’ai regardé cette finale. Et, vraiment, l’attitude des handballeurs n’a rien à voir avec celle des footeux dont on a bien compris qu’ils fonctionnent à la pompe à fric ; je parle là que de la majorité de nos internationaux, censé nous représenter. Comme toujours, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier. Ne pas généraliser.

Et j’en reviens à l’image générale qu’a donnée l’équipe de France de hand, à la façon d’un Bolt ; ça, c’est une équipe. Une bande de potes qui vont au bout d’eux-même.


 Enfin, pour ce qui est des paroles de Claude Onesta, je cite « les collabos vont être tondus », il suffit, avec les âmes « bien-pensantes » horrifiées au moindre usage d’un terme en relation avec  la seconde guerre mondiale et la shoah . On peut tout aussi bien être horrifié de ce qui s’est passé il y a près de soixante ans, et comprendre le parallèle qui a été fait, l’image, la signification des termes employés par Claude Onesta. 

Pour conclure, je m'en fiche un peu, de ce qu'il s'est passé sur le plateau de l'Equipe. Ce que je retiendrai, ce qui sera retenu par la très grande majorité, y compris les gamins, c'est cette image. Le reste... 
Enfin, c'est mon avis. 

samedi 14 juillet 2012

Une page qui se tourne

C'est en ce 13 Juillet 2012 que j'ai quitté mon service.
S'il était connu de la plupart de ceux qui passent par ces pages, je ne l'avais jamais cité.
Il s'agit donc de la Brigade de Répression du Banditisme, de Paris. La BRB.

J'y aurai donc passé six années. 
Rétrospectivement, si, lorsque j'ai intégré l'école de police, en 1996, on m'avait dit que j'y traînerais mes guêtres... je n'aurai pu éviter de sourire. Je pense souvent à ces années travaillées dans une brigade de nuit, où j'ai vu arriver ces policiers de la BRB, qui débarquaient à la suite d'un règlement de compte, en banlieue.  Nous étions comme des gamins, avec les grands flics du 36 qui arrivaient. Tout juste osions-nous leur adresser la parole...
Il aura fallu du travail, pour y arriver, du temps, et, nécessairement, une part de chance, une opportunité. Que j'ai saisi, à l'époque, sans même savoir ce que j'allais faire...

Au cours de ces six années, j'ai eu la chance de travailler avec de très grands flics. Selon moi, pour certains, parmi les meilleurs de la profession. C'était un honneur, que d'être à leurs cotés. Et, comme il n'y a pas de grands flics sans grande affaire, il m'a été donné l'occasion de participer à quelques-une d'entre elles. Et pas des moindres.
La plus belle d'entre elle: le vol à main armée commis au préjudice de la bijouterie Harry Winston, à Paris, le 4 décembre 2008. 85 millions de dollars, pour le butin. Dans cette affaire, sans rentrer sur le fond du dossier, il nous a été permis d'user de nombre de techniques de police, permises par le Code de Procédure Pénale. Autant dire, que j'ai donc appris énormément. Mais les belles affaires sont celles qui réussissent. Une trentaine de personnes avaient été arrêtées, quelques mois après les faits. mais, surtout, nous avons pu retrouver une grande partie du butin, en bijoux, et plusieurs centaines de milliers d'euro. Bref: les voleurs interpelés, les magot retrouvé... juste génial.
Et cette affaire reste un beau souvenir également, parce que c'était difficile. Nous ne comptions pas les heures passées au bureau, en extérieurs, la nuit, les week-end... six mois intenses.


D'autres dossiers ont été marquants:
- l'interpellation d'auteurs de casses de bijouteries, qui creusaient dans les murs pour commettre leur forfait
- l'interpellation de braqueurs serbes faisant partie de la "pieuvre" qu'on appelle "Pink Panthers"
- l'interpellation d'un homme soupçonné d'être l'auteur du meurtre d'un bijoutier parisien...

bref, les affaires ne manquent pas; je ne cite que celles qui me viennent immédiatement à l'esprit.

Mais il est une certitude. Le policier, seul, n'est rien. C'est un travail d'équipe. Et c'est la complémentarité des hommes qui fait qu'on arrive à un résultat. Nous sommes tous un maillon d'une chaîne. Et si chacun joue sa partition, nous sommes forts. Très forts. C'est le cas dans le service que je quitte.

Mais voilà. Je suis de ceux qui pensent que, pour se remettre en question, et ne pas s'asseoir sur ses certitudes, il faut bouger. Se remettre en question. Si on reste trop longtemps dans un poste, à force, on en arrive à en faire un peu moins, vivre sur ses acquis et le passé. Et je n'aime pas cela.
Donc, je change d'air. Je vais apprendre autre chose, compléter mes savoirs tout en faisant profiter les autres de ce que je sais faire. Bref, être un autre maillon, dans une autre chaîne.

Et, plus qu'une aventure professionnelle, je vais en profiter pour tenter l'aventure familiale.

Bref, qui vivra verra.

Mais une chose est certaine: PJ un jour... PJ toujours...




mardi 19 juin 2012

soutien

Juste quelques mots de soutien, à l'épreuve que vivent nos collègues gendarme. C'est une bien triste semaine que nous vivons, avec la disparition de deux dès nôtres, dans l'exercice de leurs fonction. Les deux gendarmes abattus intervenaient pour un vol de sac, lorsque l'un d'eux s'est fait dérobé son arme de service, qui servira, quelques secondes à l'abattre, ainsi que le collègue qui l'accompagnait. 
Chaque perte est une mauvaise nouvelle pour nos corporations, mais aussi, plus généralement, pour notre société. 
Votre arme, la Gendarmerie, et toutes les forces de sécurité du pays vous rendront hommage, vendredi, le Ministre de l’Intérieur nous représentant toutes et tous, d'où que nous soyons, qui que nous soyons. Gendarmes, policiers et douaniers pensent à vos familles, dans ces moments si difficiles. 
Nul n'oubliera votre dévouement. 
D'où vous êtes, reposez en paix. 


samedi 28 avril 2012

Quelle intervention pour quel(s) risque(s)?

Nous voilà au beau milieu du premier grand week-end du mois de Mai.
Et, comme d'habitude, une information en a remplacée une autre. La police et ses demandes, ses inquiétudes, sont déjà loin, derrière le temps médiatique.
Avec l'avantage de redonner un peu de sérénité à l'instruction en cours. Sérénité nécessaire (j'insiste) à l'indépendance de toute justice.

Il n'en demeure pas moins certaines revendications qui se font jour, tout du moins au yeux du "grand public", à l'occasion de faits, souvent tragiques, tels que celui que nous venons de vivre.

Dans mon précédent billet, je m'étais volontairement arrêté au fait divers de Noisy et la manifestation qui s'en est suivie, sur les Champs-Elysées.
Le lendemain de la mise en examen de notre collègue, les candidats à la présidentielle ont reçu des collectifs ainsi que les principales organisations syndicales policières.
Est alors arrivée une demande, à l'initiative (corrigez-moi si je me trompe) du syndicat Alliance Police Nationale (second syndicat chez les gardiens de la Paix). Il est question de "présomption de légitime défense". Selon le secrétaire général du syndicat, Jean-Claude Delage, cette présomption consisterait à protéger le policier; le magistrat instructeur devant alors apporter, de son coté, que le policier a fauté dans son intervention. Cette proposition a été reprise par le candidat UMP, alors qu'il semblerait qu'elle figurât, initialement, dans le programme du Front-National. De son coté, il semblerait que le candidat socialiste sn'ai pas pris position en faveur d'une telle mesure.
Selon Maitre Eolas, dans son dernier billet, cette présomption ne passerait pas le Conseil Constitutionnel, puisque portant atteinte au principe d'Egalité des citoyens. De plus, toujours selon l'avocat, cette présomption ne changerait rien à la pratique procédurale, dans la mesure où rien n'empêcherait le magistrat de mettre en examen le policier, voir de demander son placement en détention provisoire. Je ne suis pas juriste à ce point pour savoir s'il a raison. Je fais simplement remarquer l'avis d'un juriste.
Pourtant, il y aurait tout de même, selon moi, certaines choses à changer.

Avant tout, les policiers devraient, dans de telles circonstances, être administrativement protégés, en conservant leur salaire; sans qu'il y ai une telle incertitude, comme cela a été le cas, pendant au moins trois/quatre jours, avant que le ministre n'intervienne positivement face à cette requête. Le temps de l'instruction, s'entend.
J'ajouterai, à titre personnel, que l'éventuel empêchement d'exercer la fonction de policier, que peut être amené à décider le magistrat, pourrait être "limité" aux fonctions de la police dite "active". C'est à dire tout le domaine susceptible de toucher au judiciaire. De sorte, toujours durant ce temps de l'instruction, le fonctionnaire pourrait être utilisé à un emploi administratif (ils ne manquent pas, dans la Police Nationale, voir l'administration).

J'y vois plusieurs avantages:

  • le fonctionnaire conserve un "emploi", ce qui lui évite d'être mis au ban de la société, renforçant de fait la présomption d'innocence
  • il ne reste pas chez lui à se ronger les sangs; quand bien même cela ne lui évitera pas de gamberger. Mais il aura au moins une "occupation"
  • cela contribue au fait que le salaire versé par l'administration viendra tout de même en rétribution d'un travail; il y a donc une certaine cohérence
Si cela pouvait se mettre en place, cela serait déjà un "acquis". Est-ce que cela suffira, je ne sais pas! 

Une chose est certaine. Je parcours, depuis hier, quelques sites dédiés aux policiers. Et il semblerait que certains mouvements se mettent en place, ici ou là. Ainsi, des collègues s'abstiendraient de prendre des initiatives, ne faisant que répondre aux "appels". Ainsi, plus d'interpellations de leur propre initiative, plus de contraventions... 
On pourrait en arriver à des situations selon lesquelles un policier voyant un malfaiteur prendre la fuite ne ferait rien d'autre que signaler son passage et direction de fuite; sans chercher à l’interpeller. Et ce pour éviter de prendre un quelconque risque. 
Je sais que cela peut paraître absurde à certains, pour ne pas dire autre chose! Mais si les policiers ne sentent pas qu'ils ont un minimum de protection, eu égard aux risques qu'ils prennent, eh bien ils feront ce qu'il faut pour travailler à hauteur de la protection qu'on leur donne. 

Je n'ai pas d'idée précise quant à ces mouvements; là encore, je suis partagé; entre raison et sentiment. La seule chose qui me vient à l’esprit: gare à la récupération, aux manipulations.

Encore une fois, le policiers ne demandent pas un permis de tuer. Loin de là. Mais qu'on prenne en compte le fait que, dans certaines situations délicates, tout va très vite. 
Lorsqu'un homme porte sur lui une arme, il faut bien avoir à l'esprit que celui-ci a choisi de prendre des risques. Et il le fait en toute connaissance de cause. Lorsque, à un moment donné, il braque son arme vers quelqu'un (policier ou non), il franchit un nouveau pas. Encore une fois, en connaissance de cause. En utilisant une arme, nouvelle escalade...
Le policier qui arrive sur cet entre-fait n'a, lui, pas choisi de faire prendre un risque à qui que ce soit. Il arrive, au contraire, pour faire cesser l'infraction, pour qu'il n'y ai plus de risque... pour personne. Et ce, au péril de sa vie, faut-il le rappeler! 
Et nous nous retrouvons dans un état de droit où, face à cela, dans une situation qui n'a durée que quelques secondes, parfois moins, c'est le policier que désigne, que l'on accuse d'être un criminel. Quand bien-même il a droit à la présomption d'innocence. 
Je pose une question simple: qui a voulu cette situation? Le policier ou l'homme armé? 
Ne faut-il pas faire la différence entre un coup de feu tiré sur un homme, au hasard, dans la rue, et une intervention de police sur un homme armé?

Alors oui, je l'avoue; je n'ai pas la solution idéale. Que faire? Quel texte, Je n'en sais rien. Peut-être n'y a-t-il, finalement, pas de solution. 

J'ai bien conscience que toute affaire fait quasi systématiquement l'objet d'une instruction; et que ces enquêtes, à charge et à décharge, sont susceptibles de donner lieu à un procès, où, non seulement, on va juger de la responsabilité de chacun, mais aussi jauger des circonstances qui, à coup sur, emporteront une condamnation plus ou moins lourde... voir pas de condamnation du tout! 

Enfin, doit-on juste se dire que, après tout, les policiers doivent être mieux "formé" pour faire face au risque? 

Pas sur que cela suffise! 

Bref, plein de questions... qui pour donner des réponses?

vendredi 27 avril 2012

Entre raison et sentiment

Voilà maintenant deux jours qu'un fait divers mettant en cause un policier est au devant de l'actualité. Ce n'est jamais très bon signe pour l'institution, mais c'est ainsi. Et, pour le coup, le fait qu'il surgisse en pleine campagne du second tour de l’élection présidentielle n'arrange rien.

Pour rappel, samedi dernier, la police est informée de la présence d'un individu recherché dans un quartier de Noisy le Sec. Quatre policiers arrivent sur place. Trois d'entre eux descendent à pied, et le conducteur reste à bord de son véhicule. C'est pourtant lui qui va se retrouver nez à nez avec l'individu recherché.
Une poursuite entre les deux hommes s'engage. Ce qui se passe exactement ne nous est pas connu, puisque nous n'étions pas sur place. Ni vous, lecteurs, ni moi-même, policier.
Pour autant, de ce que l'on sait, via la presse: l'individu était en possession d'une grenade et d'une arme de poing. Le grenade, on ne sait s'il l'a jetée en direction du policier, ou s'il s'en est débarrassée. Toujours est-il qu'il aurait menacé le policier avec son arme.
Par ailleurs, d'autres choses sont certaines: l'individu recherché a été condamné pour braquage (s?) et n'a pas réintégré la maison d'arrêt de Chateaudun... depuis 2010.
Une chose est claire: l'homme initialement recherché est mort par balle. Le policier en a tiré quatre. L'autopsie aurait révélée un orifice d'entrée dans le dos. Fonction des sources, il s'agit d'un orifice horizontal, ou un ricochet, selon l'avocat du policier.

Comme cela arrive, et c'est bien normal, immédiatement après les faits, l'enquête a été confiée à l'IGS, sous la conduite du Parquet de Bobigny. Et le policier qui a fait usage de son arme, a été placé en garde à vue.
Le Parquet a ensuite demandé à ce que soit déféré le policier; par le biais d'un réquisitoire introductif, il a ouvert une information et demandé la mise en examen du policier pour "violences volontaires ayant entraînées la mort sans intention de la donner". Le Juge d'Instruction désigné est allé plus loin et mis en examen le policier des chefs d'Homicide Volontaire, avant de le placer sous contrôle judiciaire.

Une fois la décision rendue publique, de nombreux policiers se sont réunis à Saint-Denis, puis ont décidé de faire mouvement vers le Ministère de l’intérieur. Ce sont donc environ cinquante véhicules de police (sérigraphiés et banalisés) qui se sont retrouvé sur les Champs Elysées, bloqués dans leur progression par les Gendarmes Mobiles.
Il semblerait, selon le journal "Libération" que cette manifestation spontanée se soit déroulée à l'appel de certains syndicats, et que, selon "Europe 1", le policier en question serait délégué du syndicat majoritaire chez les policiers, Unité SGP Police.

Et nous voilà dans une énième confrontation policiers/magistrats. Le tout, alimenté par certains politiques.
Les premiers dénonçant la qualification retenue par le magistrat instructeur, et les second la remise en question, par les premiers, d'une décision de justice.
Alors oui, c'est vrai, c'est la deuxième fois que les policiers manifestent, remettant en cause une décision de justice (2010).

Et je me retrouve, là, en étant très partagé. Vraiment.

Pour le cours de droit, je vous renvoie au billet d'Eolas, plus prompte que moi à la réaction.
Et, pour mémoire, je vous renvoie aussi à un billet que j'avais publié voilà quelques temps, ici, sur le thème de la légitime défense des policiers.

Je le disais, je suis partagé. Oui, je comprend, et je bois les paroles de @DeCleec, je cite (avec son autorisation):
" Sur la critique : non seulement on a le droit d'être en désaccord avec une décision de justice, mais on a même le droit de le dire, de le chanter sur tous les tons, d'en faire des alexandrins ou des billets de blog. ;) Ce qui est inacceptable est de le faire en abusant de sa qualité de fonctionnaire pour faire pression en masse sur un juge (tout simplement parce que ça porte atteinte à l'indépendance de la justice) En quoi l'exaspération joue la pertinence d'une qualification pénale ? Comme tous les professionnels qui rencontrent des difficultés, c'est le job des syndicats de faire remonter les problèmes à leurs responsables. Sur les conditions de travail, (...)  je conviens tout à fait que c'est chaud. Mais ça n'a aucun rapport avec le choix d'une qualification.  Et on ne peut pas violer la loi en raison de ses sentiments (ce que tout en monde se tue à expliquer aux délinquants à longueur de temps). Il (...faire pression sur un juge) n'est pas acceptable et encore moins de la part de policiers qui sont chargés de faire respecter la loi (et sont des gens qui savent se maîtriser mieux que n'importe quel quidam). J'observe d'ailleurs que beaucoup de policiers sont bien conscients que la justice doit être indépendante et désapprouve ces méthodes, donc pas de généralisation de toute façon. Et, encore une fois, je ne dis pas que la décision est bonne (je n'en sais rien je le répète) mais que les pressions illicites ne sont pas de mises dans un État de droit.... Et la présomption d'innocence figure parmi ces principes protecteurs,de même que l'indépendance des juges. Et je trouve grave de porter atteinte à l'un comme à l'autre de ces principes.

Voilà qui est dit; et ces propos sont extraits de l'échange que nous avons eu tous deux ces dernières heures.
Voilà donc ce qui résume assez bien le sentiment des juristes que je croise, notamment sur Twitter.

Avant tout, il faut bien distinguer deux problématiques différentes:

  • les faits en eux-même, qui ont conduit au décès d'un homme, entraînant la mise en examen d'un policier.
  • la résultante, les manifestations de policiers. 

Tout d'abord, une précision: j'ai pu lire une réaction au fait-divers en lui-même, qui m'a choquée: le fait qu'un policier soit à l'origine du décès de cet homme serait la résultante de la politique de Nicolas Sarkozy; sous-entendu que les policiers se sentiraient impunis parce que se trouvant sous l'autorité de Nicolas Sarkozy, Président de la République, ou Ministre de l’Intérieur. Et c'est donc cette impunité qui conduirait les policiers à faire feu plus facilement. Que penser de ce genre de réaction? Que c'est de la politique poubelle. Justement ce que la majorité des électeurs ne veulent plus. Je précise que, en courant derrière un malfaiteur recherché, le policier ne se demande pas s'il sera plus ou moins puni, fonction de la personne au pouvoir! Stupide. On ne peut pas non plus relier cet incident à la politique du chiffre, ni même la RGPP et donc au manque d'effectifs. Il pourrait y avoir dix mille policiers de plus; le jour où l'on se retrouve face à un homme armé, fonction de la situation, il y a une décision à prendre. Bref, il faut que cela soit clair, le fais divers n'a rien à voir avec de la politique. Laissons-le, aussi gravissime soit-il, à l'état de fait divers. Et n'en tirons pas des conclusions politiques. Après, que chacun des candidats à la présidentielle s'exprime sur le sujet parait inévitable et ne pose aucun problème.


Acte I: 
Le fait divers: la mort d'un homme, recherché, sous les coups de feu d'un policier

Il serait bon que certains "observateurs" prennent un peu de recul. Nul ne sait comment il réagirait, placé dans la même situation. Il y a très peu de personnes qui savent vraiment ce qui s'est passé. Le policier, et, peut-être des témoins. Donc, prudence dans les jugements hâtifs des observateurs.
A cela, j'ajoute que la Seine Saint-Denis est un département particulier; le travail y est encore plus difficile qu'ailleurs. Où pas une intervention n'est banale. Pas une qui n'est pas susceptible de finir en pugilat. Et parfois même sans qu'il n'y ait besoin d'une intervention!
Il faut ensuite comprendre une autre chose: il n'existe aucun autre métier, en dehors des policiers/gendarmes/douaniers, où, pour faire son métier, et défendre la société, un homme risque d'aller en prison. Oui, des policiers, mauvais, il y en a. Mais on ne peut pas mettre dans le même sac celui qui a volé, ou frappé indûment et le policier qui agit ou réagit "en intervention", devant prendre une décision, qui tient plus du réflexe qu'une pure réflexion juridique. Alors oui, bien sur, ce réflexe est conditionné par la formation et l’expérience. Mais surtout l'instinct de survie. Et lorsque l'on se retrouve en pareille situation, c'est bien un effet tunnel, qui absorbe le mental.
Donc, attention aux conclusions hâtives. Je rappelle juste que la personne en face n'était pas non plus un voleur de bonbons, mais bien un délinquant "professionnel"; et c'est un paramètre à prendre en compte également. D'ailleurs, à ce titre,  Le parisien nous en dit un peu plus sur l'homme en question et son passé. Et je vous invite à lire les commentaires à l'article, qui, je l'avoue, m'ont sidéré.
Mais, attention: rien n'autorise de tuer quelqu'un froidement sous le seul prétexte qu'il s'agit d'un délinquant. C'est quelque chose qui est très clair. Il ne s'agit donc pas de trouver une excuse.
Il faut juste avoir tous les paramètres en sa possession pour se rapprocher au plus juste de la situation.

Acte II:
Les manifestations de policiers

Avant toute chose, il ne faut pas voir dans l'attitude des policiers qui ont manifesté une envie d'impunité, ce n'est absolument pas le cas. Ils ne demandent qu'à être "compris", et c'est bien ce sentiment qui les a fait manifester. Ces policiers ont, avant tout, voulu faire preuve de soutien vis à vis d'un collègue. Parce qu'ils savent que demain, dans deux jours, un mois, ils peuvent être exactement dans la même situation que lui, que ça peut leur arriver également. Et que, sur une intervention, ils peuvent perdre, sans même parler de leur travail, ou de prison, tout moyen de subsistance pour leur famille. Et cela n'est pas acceptable.
Ces policiers ont donc fait part de leur incompréhension; non pas du fait que le policier soit mis en examen, cela paraissait inévitable. Mais plus au regard de l'infraction retenue, l'homicide volontaire, qui parait effroyablement dure. En effet, par cette qualification, on imagine que le policier a volontairement tué l'homme qui lui faisait face, et que ce n'était pas juste pour se défendre. Qu'il a donc VOULU, délibérément, le tuer.
Les policiers auraient plus admis qu'on se demande si le policier avait pu tirer des coups de feu ayant conduit au décès de la personne, sans qu'il l'ai souhaité. Ce qui correspondait aux réquisitions initiales du Parquet. Renseignements pris auprès d'un parquetier (merci @Proc_Gascogne), il semblerait que la Cour de Cassation demande au Juge d'Instruction de "donner aux faits la plus haute qualification possible". Il semblerait qu'il soit plus aisé juridiquement, à un Juge d'Instruction d'abaisser, au cours de ses recherches, la mise en examen que l'inverse.
La deuxième chose qui a conduit les policiers à manifester, relève du ras le bol. L'impression de n'être écouté et surtout entendu, par personne, voir, parfois d'être des cibles plus qu'autre chose. Et ça, oui, cela relève plus de la politique. Ajoutez à cela des problèmes récurrents sur ce département de Seine Saint-Denis, où semble règner, pour le moins, une forme d'incompréhension. Certains, comme Bruno Beschizza, ancien syndicaliste policier, désormais élu UMP, parlant de "la culture de l’excuse envers les voyous".
Les policiers ont tout particulièrement l'impression d'y être jugés plus sévèrement que les délinquants; au-delà même de l'aggravation pénale liée à leur fonction. Est-ce une réalité?
Le problème n'est-il pas bien plus profond s'agissant d'un département bien plus criminogène qu'un autre? Pour résumer, prenez un vol à main armée jugé à Bobigny, et, exactement le même au fin fond du Larzac. Dans le second cas, la peine prononcée sera bien plus importante que dans le premier. Et cela découle du fait que, nombre d'infractions deviennent presque banales, et perdent ainsi de leur importance, noyées dans la masse.

Mais je m'égare...

Tout ça pour dire que, au delà même de la manifestation, toute aussi illégale qu'elle soit (je rappelle qu'il n'y a eu aucun incident, et aucun préjudice, pour personne), il y a quelque chose à comprendre... Il peut y avoir des principes importants de droit, de tout ce que l'on veut... Il y a, derrière, la réalité et des hommes qui, finalement, ont peur. Peur pour leur famille, parfois leur vie, alors qu'ils travaillent au service des autres, avec des bouts de ficelle...

Enfin, selon moi, cette manifestation aura eu au moins un mérite, et non le moindre: notre collègue se voit maintenir son salaire, durant l'instruction. Ce qui n'était pas forcément évident avant.
Mais, @titetinotino (j'en profite pour glisser l'adresse de son blog, ici) a raison: il ne faudrait pas que ces manifestations deviennent habitude.
Manifester son exaspération "à chaud" de manière exceptionnelle est une chose que je peux concevoir (même avec des réserves). En faire quelque chose d'habituel lui fait perdre tout son sens et la crédibilité liée au message que l'on veut faire passer.
Mais parfois, raison et sentiments se mélangent...

Pour conclure, je retranscris ici une nuance qui m’apparaît importante, et qui m'a été soufflée par un twittos:

"La réaction de manifester des policiers était illégale. Etait-elle, pour autant, illégitime?"