dimanche 14 avril 2013

Bio de poulet a varié (liste non exhaustive)

     Je suis né un peu avant le milieu des années 2000.
     A tout le moins pour l’homme que je suis devenu aujourd’hui.
     Mais avant cela, j’ai été élevé dans un foyer aimant, par des gens qui n’ont pas eu la chance de l’être en leur temps, pour l'un, et pas assez ou mal, pour l'autre, dans un paisible village du sud de la France. Ils ont fait de moi ce que je suis aujourd’hui.
     Ce billet, mais plus certainement ceux qui vont suivre, est selon moi le meilleur moyen de leur rendre hommage.
     Ce premier billet, est aussi le moyen de remercier mon hôte, qui m'a fait le grand plaisir de m'accueillir lorsque les velléités d'écriture se font faites sentir. Merci Chris. 
      Je te remercie de ne pas avoir lâché l'affaire, ta pugnacité n'est plus à prouver.  

      Milieu des années 2000 donc, moment où ma petite existence a changé radicalement, et où, après avoir obtenu quelques diplômes universitaires, dont le déballage est ici inutile, j'ai décroché le concours d'officier de police. 
       Point de départ duquel nous nous vîmes 8000, passés les tests psychotechniques environ moitié moins (une chance), quelques 600 admissibles, puis 310 à l'arrivée, concours interne et concours au choix compris. La crème de la crème ... Le meilleur de ce qui reste ("t'as raison mon con").
       L'officier, c'est la matière frappée, entre le corps des Gardiens de la Paix et celui des Commissaires de Police. Le corps mou entre le marteau et l'enclume. 

      Le droit, il n'y que cela qui m'intéressait, bercé d'histoires sordides de meurtres et les faits divers que je lisais à l'occasion. Matière frappée disais-je ...

      Droit, et plus particulièrement droit pénal, la seule chose qui me passionnait, car j'ai eu la chance 
d'aborder la discipline en première année (chose rare en France il me semble) avec un professeur qui a su me passionner. Je parle de droit pénal général pourtant, la folie de cette ironie n'aura pas échappée aux juristes. 

      De cette année, hormis le droit pénal, et me trouvant alors à mi chemin entre la Place Sainte Catherine bordelaise et l'océan atlantique, je n'ai rien retenu. J'ai en effet été brièvement expatrié dans le sud ouest, à mon grand bonheur, et, j'ai en toute logique, "queuté" avec brio (mon meilleur ami) mon année. 
         
      (Ndlr: mes textes et mes paroles sont souvent parsemées d'expressions du cru, d'emprunt, de jargon, voire d'argot local, avec citation des auteurs lorsqu'elles sont empruntées).

       Les déconvenues en droit sont arrivées plus tardivement, lorsqu'il s'est agit de potasser les finances publiques et autres réjouissances de droit civil. A Aix en Provence, grande faculté reconnue, mais qui offre plus que des cours de droit. Bref.
       Ainsi donc, diplômes en poche, je me trouvais bien con. Et oui, le droit c'est bien, mais à part ouvrir des portes ça ne sert pas à grand chose. Ouvrir des portes ? J'y viendrai.

        Pendant deux ans, j'ai donc tâté du privé, passant de multiples entretiens menant à de pénibles travaux rendant physiquement intelligent: manœuvre en B.T.P, préparateur de commandes, faiseur de cafés, chauffeur livreur. Notamment dans une belle enseigne bien connue de nos compatriotes sudistes: "Exopotamie", où tout objet dûment payé, fini au gourbis. 

        Naturellement, j'en suis donc venu au but de ce billet, via les célèbres I.E.J (Instituts d’Études Judiciaires), qui préparent autant de veaux à trop d'examens qu'autant d'étudiants à l'abattage, ou à l'abattoir, c'est selon le point de vue.
        Autant vous dire que j'étais à mon aise. J'ai vite compris que le concours de magistrat était hors de ma portée, et que définitivement, je n'étais pas destiné à devenir un de ces étudiants parvenu avocat avant l'heure dont je soupais tant. Et oui, moi aussi je bave parfois (mes amitiés à tous ceux que je connais, côtoie, rudoie ou croise et qui n'en font pas moins un métier difficile).         
         La matière pénale, m'a donc naturellement menée vers une voie que je n'avais jamais envisagé. Et pourtant, je reste convaincu du bien fondé de ce choix. Profession dont j'ignorais tout, me contentant des rares clichés entendus, et des nombreux contrôles vécus. Et oui, ceux qui connaissent mon visage et qui me liront ici savent de quoi je parle. 

        Aussi, le concours d'officier m'a semblé être le meilleur compromis, même si avec le recul l'expérience de base me paraît un atout majeur. Passons.
        Et là c'est le drame ...
        Pétri d'idéaux, à l'époque, me voilà donc en chemin pour la journée "portes toutes vertes" (elles sont marron crade en vérité) de; retenez votre souffle; "l’École Nationale Supérieure des Officiers de Police", dite ENSOP, qui n'a donc de supérieure que le nom. 
        Portes ouvertes organisées un 6 décembre. 
        Pour mémoire, l'ENSOP se situe à Cannes-Ecluses, Seine et Marne (par --> ici <--) .
    
        Notez le cliché pittoresque à droite, seul intérêt de la commune, à l'exception de sa maison de retraite de haute qualité, au sein de laquelle est (était ?) majestueusement plantée une réplique de vache grandeur nature. J'y reviendrai aussi ...

        Ca, les champs de betterave et le ravitaillement des corbeaux volant sur le dos afin de ne pas voir la misère du monde. 

        Journée porte ouvertes, un 6 décembre ... Eh ouais. Froid de gueux, brouillard insondable, juste assez pour nous faire rêver sur la qualité du mobilier formica 70's, orange et ... et ? marron. Ambiance Orange mécanique, le glauque en moins.

         Certains ont décroché et c'est bien normal. 
         La bise. 
         Un petit cliché avant. Ce jour là il faisait beau.            
         Je vous invite à faire une recherche sur le site dans Google
         images. Du #LoL en perspective.

         Ps: la maison de retraite est en face, faut suivre.

         Au sortir de cette journée, mémorable, je téléphonais à mon meilleur ami,  et lui recommandais de ne pas effacer mon numéro.
         La soirée qui s'ensuivit à Paris n'est pas raisonnablement racontable ici. 

         Un mois plus tard, c'est l'entrée en école, sur le même tempo. 
         Le choc. 
         Janvier, il caille sa mère, t'es seul, dans une chambre de 3x2m qui pue l'angoisse, et comme un con tu appelles respectivement: ta mère et ton ex. Je me rappelle avoir fait l'inverse. Le fail.

         La mise dans le bain intervenant le lendemain, pas le temps de tergiverser.
         Je suis donc officiellement, Elève Officier (fixe) pas encore de mots lisses, (repos vous pouvez fumer). 
         La belle affaire, suis donc un "bitos" (syn: bleu, débutant, lapin de 6 semaines, petit con, etc) 

 On me remet un uniforme, ainsi que les galons qui vont avec.Cette chose là -->

Franchement, c'est bandant. On dirait une corde, pour en finir les longues soirées d'hiver où le vent est glacial et qu'il pleut à l'horizontal. Ou après un lever des couleurs en tenue d'été, alors qu'il fait 2 degrés. 
Certains voulaient nous endurcir, comme dans l'armée. Sauf que ça n'a rien à voir avec l'armée. A part faire darder quelques tétons déjà trop sollicités, ils n'ont pas durci grand chose.

       A mettre en lien avec l'uniforme, ancienne version, de toute beauté : Ceci
       Poil à gratter et poutres apparentes, le cachet en moins.
       Là débutent les plus grands moments de la formation, en alternance avec les stages en situation réelle (commissariats, Police Judiciaire, Renseignements Généraux), où se mêlent sport (et oui), cours de commandement (vous visualisez le sketch de Palmade sur les canards, les dents en bois et les bras en mousse ? Ici ), école de voie publique (apprendre à marcher au "pas"), procédures administratives et judiciaires évidemment, et tir.

       J'ai rapidement compris que les séances de tir avaient plutôt lieu la nuit assez rapidement. En fait de quoi il n'y avait pas qu'un seul stand, mais plutôt des parcours d'habileté motrices, avec traverse de la cour d'honneur le matelas sur l'épaule. Les mystères de répartition des chambres à coucher sont impénétrables. Entrisme quand tu nous tiens.

       Peu adepte des virées nocturnes pour changer de bâtiment, je demeurais casanier, et ma chambre fût rapidement affublée d'un surnom que la prudence (et mon avocat) me recommandent de taire (jargon désignant les véhicules discrets de surveillance ou sous-marin) pour les nombreuses réceptions qui s'y tinrent. Par extension, ce surnom m'est resté. On aime bien les surnoms dans la boite, ça permet de dépersonnaliser ...

      Je reviens à mon propos initial, et tempère un peu le sombre tableau que je dresse, ce lieu m'ayant permis de faire de belles rencontres, d'en garder quelques solides amitiés, mais surtout d'y trouver ma compagne (sans avoir besoin de me faire choper en "flag" au milieu de la cour d'honneur) désormais mère de ma progéniture.Ce billet est aussi un peu pour eux.

      Mais tout ceci est une autre histoire.

      Dont acte appelant récidive.

samedi 9 mars 2013

d'une nécessaire cohérence de la Justice

Il était une fois une embarcation sur laquelle avaient pris place cinq pêcheurs vénézueliens. Depuis les côtes de leur pays natal, il semblerait depuis le charmant port de pêche de Carupano, alors que Chavez était encore de ce monde, ils avaient décidé de voler au secours d'une embarcation de pêche disparue depuis cinq jours. Ou, peut-être un seul, fonction de qui répond à la question. 
Pour ce faire, ils n'avaient absolument aucune idée de l'endroit où le bateau s'était perdu. Malheureusement, bien que leur embarcation était pourvue de 4 moteurs (plus de 200 chevaux) et quelques 1500 litres d'essence, ils n'avaient  aucune boussole, ni même petite lumière ou quelque appareillage électronique qui puisse les guider dans cette mer des caraïbes. Ils en avaient même oublié de mettre un quelconque pavillon signalant l'origine de l'embarcation.
Il fait déjà nuit depuis trois heures, lorsque l'embarcation, naviguant à vive allure, est repérée par un avion militaire. Le bateau maintient toujours son cap plein nord. Et à vive allure.
L'alerte est alors donnée à la frégate qui s'est rapprochée (à quelques kilomètres tout de même) en envoyant, au plus près, l'hélicoptère embarqué.
L'alerte a, parallèlement, été donnée au Préfet, responsable de l'Action de l'Etat en Mer.
Une fois l'hélicoptère au dessus de l'embarcation, comme l'exige le protocole international, il affiche ses rampes lumineuses "French Army - STOP". Le tout est accompagné d'un message sonore, demandant au pilote de stopper sa progression. Rien n'y fait. Le cap est maintenant, toujours vers le nord. La poursuite dure près de 45 minutes. Il est alors près de vingt trois heures. Durant ce temps, avis est donné à l'autorité chargée de l'Action de l'Etat en Mer. Le Préfet autorise les tirs de sommations puis, au final, les tirs sur les moteurs.
Il faut dire que l'hélicoptère embarque à son bord des tireurs d'élite, équipés de lasers de précision.
Finalement, plusieurs coups de feu sont tirés, rendant les moteurs hors d'usage.


L'embarcation Etraco, qui était alors sur la Frégate, chargée de la visite de l'embarcation, aborde le bateau pirate. Plus rien à bord. Pas une once de cocaine. 
La vidéo, prise depuis l’hélicoptère, montre que les cinq hommes ont eu le temps, avant d'être arraisonnés, de se débarrasser d'au moins un paquet (peut-être deux).
Les cinq hommes sont ramenés à bord de la Frégate, où ils sont retenus administrativement, jusqu'à remise aux autorités civiles, à savoir la Police.
Leur garde à vue se passe tout à fait normalement. Comme tout bon vénézuélien, aussi bien qu'un colombien, ils ne savent rien. Ils ne sont que des pêcheurs, qui gagnent l'équivalent de 125€ par mois, qui étaient parti à la recherche d'un bateau ami perdu depuis X jours. Pourquoi une telle motorisation? Pas de réponse. Pourquoi une telle quantité d'essence? Pas de réponse. Qu'ont-ils jeté par dessus bord? De l'essence. Pourquoi ? Pour s’alléger  après que le tireur d'élite ai fait feu, l'embarcation prenant l'eau. Pourquoi ne pas avoir obéi aux injonctions des militaires? Ils avaient peur qu'on leur veuille du mal. Les injonctions, justement.... ils ne les ont pas vues, ni entendues. La forme de ce qui a été jeté à la mer n'a rien à voir avec les fûts d'essence qui se trouvent à bord? C'est vrai... il s'agissait de petits fûts. Soit! Pourquoi ne pas jeter les grands fûts,  pour s’alléger? Pour garder de l'essence. Pourquoi se diriger vers le nord, en pleine nuit, sans lumière, boussole, ni rien, sur une zone si immense? Pas de réponse.
Bref, des réponses, ma foi... habituelles. Ils ont peur, cela se voit. Mais ne diront rien.

A l'issue de la garde à vue, plusieurs options se sont offertes au Parquet, représentant de l'Etat, chargé de l'action. publique. Le Procureur aurait pu décider d'un classement sans suite, en estimant qu'il n'y avait pas suffisamment d'éléments de preuves à l'encontre des individus.
Il aurait pu décider d'une ouverture d'information, ayant pour conséquence la désignation d'un Juge d'Instruction, s'il avait estimé qu'il fallait procéder à des actes d’enquête complémentaires. D’expérience, on sait qu'en interpellant des vénézuéliens ou des colombiens, aucun acte ne peut être réalisé à l'étranger. Et comme ils n'avaient rien sur eux (pas de téléphone, de document d'identité, etc... ), ces actes ne semblaient pas justifiés, tout comme aucune analyse ou expertise ne semblait utile à l'enquête.
Le Procureur a donc décidé de faire comparaître ces cinq personnes devant le Tribunal Correctionnel, selon la procédure de comparution immédiate. La date étant fixée cinq jours plus tard.
Pour ce faire, et permettre cette comparution, il a demandé, en saisissant le Juge des Libertés et de la Détention, le placement en détention provisoire de ces cinq personnes.
Et là... le JLD remet tout le monde dehors. Certes, la comparution est maintenue, mais les détenus sont libres en l'attente de l'audience.
Le magistrat nous l'a rappelé, et à raison "le principe, c'est la liberté, la détention demeure l'exception". J'insiste, il a raison.
Mais je ne peux, moi aussi, rappeler que nous avions à faire à  cinq vénézuéliens qui ne connaissaient rien à la France, n'y avaient aucune attache, aucune connaissance, rien.
Toujours est-il que, conformément à la décision prise, les cinq vénézuéliens ont été, à leur grande stupeur, relâchés. 
Je précise que leurs vêtements ayant été trempés en mer, nous leur avons trouvé de quoi se vêtir auprès du Secours Catholique. Et qu'ils n'avaient donc que cela. Et pas non plus un seul centime en poche pour s'acheter un quelconque sandwich! 
Voilà donc cinq vénézuéliens au beau milieu des Antilles françaises, avec, en poche, une convocation pour se rendre, la semaine suivante, à une audience correctionnelle. 
Cette audience, qui a bien eue lieu, n'a pas vu arriver les cinq prévenus. Comme de par hasard, ils n'étaient pas présents. 
Et là, je trouve que notre justice a manquée de cohérence. 
Que le Parquet estime que, parce qu'aucune marchandise n'a été retrouvée, il n'y ai pas assez de preuve à les poursuivre... pourquoi pas, je peux l'entendre, et même le comprendre. 
Mais, à partir du moment où on décide de les faire comparaître  on se doit de s'assurer de leurs garanties de représentation. Et ils n'en avaient aucune. Soyons clairs. J'imagine que, en l’espèce  le JLD a estimé qu'il n'y avait pas de quoi poursuivre.... mais ce n'est pas son rôle. Ce n'est pas ce qu'on lui demandait. 
Si les cinq prévenus avaient été incarcérés en attendant l'audience, ils auraient été jugé. Et, là encore, si le tribunal avait décidé de les relaxer, cela ne m'aurait pas choqué outre mesure. J'aurai, encore une fois, pu le comprendre; 
Mais, en décidant de remettre les prévenus en liberté en l'attente du jugement, la justice a manqué de cohérence. 
Et c'est, selon moi bien dommage. Quelle image a-t-on donné de la justice française? En tous les cas, ils auront une belle histoire à raconter, avant, probablement, de recommencer de plus belle.. 

Pour la petite histoire, les cinq vénézuéliens ont été condamné par défaut. A cinq ans de prison ferme. Que, bien sur, ils ne feront jamais! 


lundi 11 février 2013

Quelles réformes pour la police?


C'est donc un fait, les policiers ont, ce que le presse a communément appelé "le blues". C'est une chose que de le constater, et j'éspère que cette étude sera prise en considération. 
Certes, ce ne sont qu'environ 7000 fonctionnaires qui ont répondu, soit moins de 10% des effectifs de la Police Nationale. Pourrait-on imaginer que ceux qui n'ont pas répondu se sentent mieux? C'est possible. 
Il est regrettable que ce genre d'étude n'ai pas été menée directement par l'intermediaire du Ministère de l'Interieur! 

Maintenant que l'on sait que les choses ne vont pas forcément très bien dans la Police, que les policiers le disent eux-même, tout comme certaines voix le laissent également entendre de "l'exterieur", que faudrait-il faire pour guérir ce malade? 
Nous n'en sommes pas encore à nous trouver à son chevet, mais, disons qu'il y a une infection qui menace tout le système immunitaire... 
Alors, docteur? 

Il faut, avant tout, prendre le mal à la racine. C'est à dire le recrutement. 

Recrutement et formation

  • le recrutement

C'est avant tout une question de niveau. Est-il judicieux de recruter, en tant que Gardien de la Paix, des personnes qui ont plusieurs années d'études après le Bac? Ce métier de policier est bien particulier. Peut-on, doit-on, recruter quelqu'un qui, finalement, ne fait que rentrer parce qu'il y a de la lumière en période de chômage  et de repli sur les concours de l'administration? 
Je n'en suis pas sur! Je sais qu'il paraîtrait anticonstitutionnel que d'interdire le concours à des "surdiplomés", mais on doit trouver une solution intermédiaire, utiliser ces capacités différemment. 

De la même manière, on assiste, à l'inverse, à des périodes où l'on a peu de candidats pour entrer dans la Police. Ainsi, on abaisse le niveau du concours parce que l'on veut plus de policiers. Et là, on se découvre que rentrent dans la police des "cas", qu'il va falloir gérer pendant près de trente ans, parce qu'ils n'auront pas le niveau, la volonté ou la motivation. 

  • la formation: 
 "la police française est la seule police au monde où l'on peut commander 400 flicards sans avoir jamais posé le c.. dans un car PS" (Police-Secours). 

C'est une remarque qui a été faite. Et, même si elle est un peu "agressive", elle n'est pas dénuée d'intérêt. J'ai effectivement du mal à comprendre comment un Commissaire peut arriver à commander plusieurs dizaines de policiers, dans ce qui est leur travail quotidien sur la voie publique, alors que celui-ci n'y a jamais été confronté! La seule expérience qu'a le Commissaire avec le terrain, c'est, en général, durant le cursus de formation, lorsqu'il fait des "stages" de découvertes, de quelques semaines. Et encore, là, puisque tout le monde sait que le monsieur est commissaire, on en prend bien soin. Hors de question de l'envoyer au charbon.... 
Et c'est la même chose pour les Officiers. Ils commandent sans avoir jamais (ou très peu) connu ce qu'était le métier. On leur demande de faire du management, c'est très bonne chose. Mais ils n'ont que des connaissances théoriques et quelques petites semaine de découverte en service actif. 

Ma principale proposition viserait donc à ce que, une fois le concours passé, tous les reçus passent par une formation commune. Tout sont, ensemble, mélangés, en école. Et tous sont affectés de la même manière en sortie d'école. Ceux qui ont réussi le concours de gardien de la Paix font leur carrière dans la catégorie B, avec des passages de grades, et les Commissaires et Officiers, après, disons deux ou trois années sur le terrain, retournent en formation. Là encore, une formation commune aux deux grades. Nouvelle affectation pour tous, sur une certaine période, avant que les Commissaire n'aillent terminer leur formation et être affectés en tant que tel. 
Il me semble que, d'une manière générale, on appréhende mieux certaines difficultés de management lorsque l'on a soit-même connu les difficultés rencontrées. 

Il parait également évident que, tout au long de sa carrière, le policier devrait avoir une formation continue ad-hoc. C'est à dire un retour en école durant un certain temps, afin de revoir certains aspects du métier. 
Pourquoi ne pas individualiser quelque peu ces stages par le biais des notations individuelles annuelles? 

De la même manière, pourquoi les notations ne se font-elles que dans un sens? Pourquoi un subordonné ne peut-il pas noter sa hiérarchie? J'imagine bien que cela serait l'occasion, pour certains, de "vider leur sac", et que, dès lors, on perd toute notion de justesse. Mais le concept actuel est-il juste? Tous les policiers (ou presque) se le disent: les notations, au jour d'aujourd'hui, ne servent qu'à peu de chose. Celui qui est bien noté n'est pas plus pris en considération que celui qui ne fait rien! 
Et ça aussi, c'est un problème. L'administration ne sait que faire des "mal noté", de ceux qui "traînent la patte". De nos jours, c'est devenu presque un jeu où la hiérarchie va bien noter certains fonctionnaires parce que ces derniers sont sur le départ; et il ne faudrait pas décourager le futur service de le prendre. En gros, pour imager, on se refile le "pot de pue". 

Je plaide également pour une diversification de la formation. Ou plutôt un complément. 
A ce jour, les policiers se plaignent de voir leur travail mis à mal par les magistrats. C'est peut-être de la naïveté  mais j'aime à croire qu'en fait, il s'agit plus d'un problème de communication qu'autre chose. 
Pourquoi les magistrats n''interviendraient-ils pas, lors de la formation? Et pourquoi ne les verrait-on pas un peu plus souvent dans les services? 
De la même manière, on peut aussi imaginer que la formation des policiers inclue des passages dans les tribunaux. Que cela soit par le biais d'audiences correctionnelles ou au plus près des magistrats, que cela soit à l'instruction ou au Parquet! 
A l'inverse, les auditeurs de justice (magistrats en formation) devraient pouvoir passer dans les services de police; mais pas uniquement les services de PJ. Aussi, un minimum, dans les Commissariats, qu'ils aient à connaitre du quotidien des policiers.


L'ORGANISATION


Le paysage de la France évolue constamment  De la sorte, tout comme le droit évolue, la Police se doit d'évoluer en fonction de la société. Et cela nécessite des changements. De gros changements. 
Et pourtant, il n'est pas aisé de changer l'organisation, lorsque l'on voit comment cela se passe lorsqu'un service est crée, ou muté, etc... Bref.

Je me dis que le "Chef de la Police", actuellement le Directeur Général de la Police Nationale, ne devrait pas être nommé par un politique, mais plutôt par ses pairs, et pour ses qualités. En quoi ce poste se doit-il d'être politique? Je rappelle que la police nationale se doit de faire respecter les lois votées par le Parlement. En quoi est-ce politique? Le métier est le même; il y a des infractions, on interpelle ceux qui les commettent pour les présenter à la justice. Soit. Donc, un poste, non pas politique, mais lié aux qualités de gestionnaire de police.
Pourquoi ne pas imaginer une équivalence au CSM, propre à la Police?

Juste en dessous, il devrait y avoir une organisation bicéphale. A la fois départementale mais aussi spécialisée. Un Directeur par Département, lequel gère toute sa police; qu'elle soit en tenue ou en civil, qu'il s'agisse de la circulation, de judiciaire ou de sûreté. 
A l'heure actuelle, un Directeur Départemental de Police n'est absolument pas tenu au courant des enquêtes qui se tiennent sur son département, puisque l'enquête lui échappe totalement lorsqu'un service de PJ est saisi. De la même manière, il n'a que peu d'idées des mouvances extrémistes présentes sur son département, puisque la Sureté du Territoire est totalement à part et autonome. 

Donc une police départementalisée. Ce qui n’exclue pas l'existence de services régionaux de Police Judiciaire, chargés de la criminalité organisée, ni même de Directions Centrales de PJ luttant contre la criminalité internationale; autant es nationaux qui circulent à travers le territoire que les étrangers qui viennent en France commettre leurs forfaits. 

Autre réforme importante qu'il faudrait mener: la communication.
Plusieurs d'entre vous m'ont fait la même remarque: se sont les organisations syndicales qui communiquent sur les "affaires" en cours. Il y a une raison à cela, mais cela n'est pas, pour autant, normal. 
Il faut, dès lors, adjoindre à chaque département, une sous-direction de la communication. Avoir des policiers expérimentés qui, eux-seuls, seront autorisé à parler d'une affaire en cours, en liaison étroite avec les enquêteurs et le magistrat. J'insiste sur le fait que ce policier doive être expérimenté  puisqu'il sera plus à même de savoir ce qui peut être dit sur une enquête en cours sans que cela ne lui nuise (à l'enquête). 

Plusieurs messages que j'ai reçu m'ont fait part de ce que le policier s'est, selon eux, éloigné de la population. Il est donc question de proximité, d'îlotage. J'avoue ne pas être adepte de la "Police de Proximité", mais il faut avouer que c'est un fait. La population, semblerait-il, a besoin d'être liée à sa police, de pouvoir parler au policier, d'avoir une référent. Soit. Il faut l'accepter. 
Cela passe donc par des services de police, à pied ou à vélo, qui soient au contact, notamment dans les centre-ville.
Ces derniers, en plus d'être "au contact" peuvent se voir source de beaucoup de renseignements. 

J'entend également ceux qui souhaiteraient que les enquêteurs soient directement sous la coupe des magistrats... c'est à creuser... mais ne pourrait-on pas imaginer des magistrats réferents dans les services de police?


RECENTRER LES POLICIERS 
SUR LEUR COEUR DE METIER

C'est un vaste chantier de la Police Nationale. 
- est-il normal que des policiers, après une formation de plusieurs mois, soient utilisé à garder des portes, qu'elles soient d'ambassades, de Préfectures, et autres domiciles de personnalités? 
- est-il normal que des policiers passent par des services administratifs toute une carrière durant? 
- est-il normal que des policiers passent des heures dans un hôpital à attendre qu'un gardé à vue soit examiné? 

A tout cela, je dis "non". Tous ces policiers passent énormément de temps à faire quelque chose qui n'a pas grand chose à voir avec ce à quoi ils ont été formé. 
Et pourtant, ces tâches doivent être accomplies. Il faut donc recruter une catégorie C de la Police Nationale, qui soit astreinte à ces tâches, le plus souvent de "garde". Avec une formation ad-hoc. 

LE ROLE DES SYNDICATS

J'an la sensation que dans la société française, le syndicat, censé protéger les employés, est devenu un frein. Les lourdeurs sont telles qu'une réforme en profondeur, et c'est valable dans tous les corps de métiers, devient impossible.
Mais cette considération est très générale. J'en reviens au sujet.
J'ai lu, encore récemment, l'interview d'un ancien syndicaliste policier. Et elle m'a donné envie de hurler. Ce monsieur, en sortie d'école, a passé cinq années en service actif, avant de se tourner vers le syndicalisme. Et, quinze ans plus tard, il s'inclue toujours dans ceux qui vont "où personne ne veut aller". Ce n'est pas sérieux! 
Les syndicalistes ne doivent pas pouvoir être "hors services actifs" plus de dix ans (et c'est déjà beaucoup). De la même manière, ceux-ci n'ont rien à faire dans d'autres instances administratives comme le Conseil Economique et Social, tout en cumulant les indemnités. Ils sont et doivent demeurer des policiers avant tout. 
Ensuite, bien évidemment qu'ils ne doivent pas être lésés dans l'avancement, mais il ne faut pas non plus que cela soit l'inverse, que l'on assiste à des avancements vertigineux, comme ceux auxquels on a pu assister ces dernières années dans la Police Nationale.

MESURER L’ACTIVITÉ DE POLICE

Il s'agit, là aussi, d'un très grand chantier. Plus les années ont passé, plus la statistique est devenue l’emblème de nos instances directrices. Au jour d'aujourd'hui, ce sont les Garde à Vue qui sont mesurées. Maintenant que c'est un peu plus difficile, on se replie sur le nombre de déférés. Je n'ose pas parler du nombre de contraventions dressées. 
Ces critères doivent changer. D'un point de vue judiciaire, on devrait se fier aux condamnations. Même si cela implique d'autres problèmes, dans la mesure où certaines affaires sont jugées plusieurs années plus tard. 
Devrait-on confier une partie de cette mesure aux magistrats? Pourquoi pas. En tous les cas, pour tout ce qui touche au judiciaire. 
De la même manière, un service comme les BAC peuvent tout à fait être juger fonction de ce critère de "condamnation".
On a vu, trop souvent, des BAC à qui il était demandé de faire, par exemple, 25 interpellations par mois; quelle que soit l'infraction. Peut-on mettre au même niveau l'interpellation d'un fumeur de joint qui se trouve au mauvais endroit au mauvais moment, et un cambrioleur? La difficulté n'est pas la même alors que, statistiquement, c'est un "fait élucidé". 
Cela revient à dire qu'il doit y avoir plusieurs indicateurs, aussi différents soient-ils. Pourquoi ne pas y intégrer le ressenti de la population? Les avancées technologiques sont telles qu'on pourrait imaginer une interrogation périodique, par voie informatique! 
Les commerçants, au contact des îlotiers, pourraient, eux aussi, participer à cette notation! 
Bref, tout cela pour dire qu'il faut adapter la mesure de l'activité à la nature de cette dernière. 

LES REMUNERATIONS

Je ne m'y attarderai pas; comme tout le monde, les policiers aimeraient gagner plus. C'est un fait, la police française est une des plus mal payée au monde. Mais je crains que la conjoncture de soit pas à l'heure des augmentations! 
Pourtant, il faut penser à repenser les salaires! On voit passer des "primes d'objectifs", données aux Commissaires de Police, de plusieurs milliers d'euro, lorsque ces derniers ont atteint des objectifs chiffrés. 
Mais ces objectifs, et les primes liées, sont de plusieurs nature: elles peuvent tout aussi bien concerner un chef de service qui aura fait des économies sur le budget! Cela me parait juste incompréhensible! 

MAIS.... 

Il y a toujours un "mais". On peut avoir toutes les volontés du monde (et là, il en faudrait...), il est difficile d'avancer sans moyens. 
Pour faire ce que je viens de proposer, ou mener à bien tout autre projet de réforme en  profondeur, quel qu'il soit, il faut des moyens. Que ce soit en hommes, bien sur, mais surtout, des moyens financiers. Cela passera par des budgets en hausse; et là encore, ce n'est pas la tendance qui se dessine! 

Voilà les quelques idées qui ont été les miennes, durant ces quelques heures, où j'ai pu lire vos messages, par mail, ou même sur ce blog. J'ai repris quelques idées qui y étaient détaillées. 

J'ai bien conscience qu'il n'y a que peu de chances de voir un seule de ces idées être mise en oeuvre. Personne, à ce jour, n'a la volonté de révolutionner les choses. Et ça fait mal, rien que de faire ce constat. 
Je le répète souvent, j'aime mon métier, j'aime ma police. Mais, plus que les sondages, j'ai tous les jours la sensation qu'elle ne tient encore que par la seule bonne volonté de certains. Et c'est un jeu bien dangereux! 

Avoir l'impression d'être malade, et qu'aucun médecin ne veut guérir la maladie! 
Peut-être l'avenir me fera-t-il mentir.... mais j'en doute. 

samedi 9 février 2013

Selon vous, quelles réformes pour la Police

Je vous propose, à tous, lecteurs juste de passage ou habituels, une question simple:

Si tant est que vous pensez qu'il faille réformer la police, quelles seraient ces réformes?
Qu'attendez-vous d'elle?
Que devrait-elle avoir qu'elle n'a pas, et vice et versa ?

Que faut-il changer, selon vous?

Attention, je ne parle pas des infractions du Code Pénal, juste de ce que vous imaginez "mauvais" dans l'organisation, le rôle de la police...

Si vous êtes policiers, n'hésitez pas, tout ce qui doit être anonyme le restera.

Pour répondre, plusieurs moyens à votre disposition:
- Twitter: envoyez un twitt @pj_un_jour
- en commentant le présent billet
- via l'adresse mail de contact, sur ce site (anonyme)
- sur le Facebook du site: pj un jour

Mettons-nous d'accord pour recevoir les copies jusqu'à dimanche soir.

A l'issue, je vous ferai mes propres propositions.

Infographies et statistiques "Le blues des policiers"

La presse s'est faite l'écho, ces jours-ci, de ce qu'elle a appelé le "blues des policiers", et qui fait suite à une étude du CNRS de Toulouse, menée avec l'aide du syndicat de Police Alliance (second syndicat chez les gradés et Gardiens de la Paix). 
Ainsi, c'est un questionnaire qui a été présenté, en trois parties, espacées de plusieurs semaines, aux volontaires, sans distinction syndicale (même si l'on peut forcément imaginer que la grande majorité des sondés sont encartés auprès de ce syndicat).
De l'infographie représentée dans le Figaro, on constate rapidement que les policiers, dans une grande majorité, ne sont pas à l'aise dans "leurs pompes". Non seulement, ils se sentent dévalorisé par les médias (87%) et jugent leur travail discrédité par la justice (85%), mais aussi, et surtout, ils sont critique vis à vis de leur propre administration qui ne penserait qu'à faire du chiffre (70%), tout en omettant de valoriser le travail de ses fonctionnaires.

Parce que cela me parait très "court", comme approche, et trop général, j'ai décidé de m’intéresser de plus près à ces recherches, et aux statistiques qui en découlent. Je me suis donc procuré l'intégralité des chiffres du sondage, pour en extraire les chiffres qui m'apparaissent comme les plus marquants: 

GENERALITES

Ainsi, ce sont 5600 policiers qui ont répondu à la première phase, en Mai 2011, alors qu'ils ne sont plus que 2650 à la troisième, en Janvier 2012!

Premier chiffre, la réparation hommes/femmes: les premiers représentent 86%  des sondés, alors qu'ils ne sont que 76%, sur la répartition globales dans la police. Donc, les femmes se sont un peu moins intéressées à cette enquête.
La moyenne d'âge de ceux qui ont répondu est de 37 ans, 14 ans d'ancienneté dans la police, dont 7 dans le même service.

Il est très intéressant de constater que tout le monde s'est impliqué, et que, la grande majorité des sondés ont donc une expérience certaine de la Police Nationale, sans pour autant être en fin de carrière. Nous avons donc affaire à un panel, de mon sens, assez représentatif.

Autre chiffre important, la région parisienne représente à elle seule plus de 30% des sondés, devant les Bouches du Rhône et le Nord.

LA HIERARCHIE


Quelle relation a  le policier avec son supérieur hiérarchique?

Les policiers jugent leur supérieur très bon lorsqu'il s'agit de "contrôler et superviser", mais en deçà de la "norme" (que j'imagine être de relations professionnelles, en générales, entre agent et cadre), lorsqu'il s'agit de récompenser les efforts, agir en modèle, ou encore encourager son collaborateur.
Ainsi, le manager est plus perçu comme un superviseur, un contrôleur, que comme un manager.

L'ADMINISTATION

90% des policiers interrogés pensent que  l'administration ne se soucie pas de leur bien être,  62% estimant que  la police ne valorise pas leur contribution à l'accomplissement des missions (plus 25% d’indécis).
Plus de 70% pensent que leurs efforts ne sont pas reconnus, et qu'il n'est pas tenu compte de leurs attentes et remarques.
Arrive alors un chiffre qui n'est pas, selon moi, qui suis à l’intérieur  étonnant, mais qui devrait en étonner plus d'un: les policiers ne sont que 25%, environ, à penser que leur travail influe sur leurs récompenses, que ce soit au travers de primes ou de mutation.
Ainsi, on peut en déduire que plus des deux tiers des policiers constatent que leur travail n'est absolument pas primé; même si le raccourci est un peu gros, les policiers considèrent qu'il n'y a aucune différence entre celui qui travaille et celui qui ne travaille pas. Ils sont plus de 75% à penser que l'attribution des récompenses ne se fait pas sur des critères objectifs, mais qu'il s'agit plutôt d'une question de chance.

Quel travail pour les policiers:

Il est alors demandé aux policiers les objectifs réels qui leurs sont demandé. Pour 65% d'entre eux, c'est "faire du chiffre". 75% pensent que les policiers reconnus par leur hiérarchie sont ceux qui font du chiffre. 50% pensent que l'objectif principal de leur métier réside dans la baisse de la délinquance.

Le regard des autres:

Pour 68% des policiers, la population, en général, n'a pas une bonne image de la Police. Ils sont, et ce chiffre me parait énorme, 85% à penser que la justice discrédite leur travail! Et c'est un peu plus important, pour les médias (87%).

Et pourtant...

Malgré ces chiffres importants  qui laissent effectivement apparaître un peu d'amertume, plus de 70% des policiers interrogés estiment que la police représente beaucoup pour eux, et sont fiers de leur métier. Lorsqu'il est question de "police" dans leur entourage, dans les discussions familiales (en bien ou en mal), plus de 80% se sentent concerné. 

Le suite de l'enquête se révèle non moins importante. 

LES FACTEURS DE RISQUES PSYCHO-SOCIAUX

Quels sont les facteurs de risques psycho sociaux? 
On y retrouve les lourdeurs bureaucratiques, le manque de ressources (personnel) et la remise en cause du travail au quotidien (par la presse ou la justice). Ce sont donc les principaux éléments facteurs de stress, et qui nuisent donc, au quotidien, sur le travail des policiers. 
Arrivent alors les risques liés à des facteurs organisationnels, c'est à dire liés à la fonction en elle-même. 
31% disent avoir fait l'objet de plus de dix agressions au cours des six derniers mois, et près de 13% entre 6 e 10 fois, au cours de la même période. 
Concernant les agressions physiques, ils sont 9% à en avoir subi entre 3 et 5, 60% disant ne pas en avoir subies du tout (le reste se situe au milieu). 

Quelle utilité de l'arme de service? 
Pour près de la moitié des policiers interrogés, elle n'est pas un moyen de lutte efficace contre la criminalité; pourtant, 70% estiment qu'elle représente une garantie de sécurité. 

Les statistiques suivantes cherchent à mesurer le "burnout" des policiers; c'est à dire qu'elles tentent d'établir une "mesure du syndrome d'épuisement professionnel", c'est à dire une "détérioration de la santé, suite à une exposition chronique au stress, dans le cadre de son travail". 

Cette mesure est définie par trois facteurs: 
- l'épuisement émotionnel, c'est à dire la fatigue à l'idée même du travail; rien d'alarmant de ce point de vue là, si ce n'est que, mesurée deux fois, à six mois d'intervalle, on note une légère augmentation de cet épuisement
- la perte d'empathie, qui pourrait se traduire par du cynisme ou une attitude négative envers les victimes; rien d'alarmant de ce coté-là non plus, puisque les chiffres sont au même niveau que d'autres mesures, sur des polices étrangères. 
- l'accomplissement personnel, c'est à dire "les effets démotivants d’une situation jugée difficile, répétitive et conduisant à des échecs malgré les efforts consentis": c'est là que les chiffres paraissent important, puisque supérieurs à la moyenne d'autres police. Cela signifie que les policiers "commencent donc à douter très sérieusement de leurs réelles capacités d’accomplissement de leurs missions". Même si ce chiffre n'a rien d'alarmant, selon les scientifiques du CNRS, cela peut être le signe de l'installation d'un épuisement professionnel latent. Bref, une "courbe" à surveiller de près. 

Globalement, il est constaté que, plus on monte dans la hiérarchie, plus les chiffres sont importants, ce qui est également lié à l'ancienneté dans l'administration et, donc, l’expérience. Rien d'illogique, donc. 
A l'inverse, quasiment aucune différence entre hommes et femmes. 
Si l'on fait une comparaison géographique, ce sont les départements des Bouches du Rhône  de Seine-Saint-Denis et Paris, qui sont les plus touchés. 

Tout cela a une répercussion puisque l'on dénote une "diminution de l’enthousiasme et de l'intérêt général du travail des policiers", puisqu'ils déclarent, à plus de 70% être moins enthousiastes dans leur travail, y perdre de l'intérêt et du sens. 

Interrogés sur les sentiments perçus par les équipes, les policiers se disent "dégoûtés et découragés". 
Individuellement, ils se disent "irrités" et "contrariés". 
Question interessante: lorsqu'on leur demande s'ils sont à l'aise dans la "vie privée" et dans la "vie professionnelle", ils le sont tout autant sur les deux plans (5.8/10)

LA statistique effrayante: 67,4 % des policiers interrogés envisageraient de quitter leur emploi de policier pour un autre emploi similaire pour un salaire plus élevé

Les chercheurs du CNRS en arrivent à la conclusion suivante: 


"L’enquête réalisée auprès de policiers a permis de dresser un premier bilan sur le management et le stress au travail au sein de la police. Ainsi, nous disposons de données quantitatives importantes à propos du management et des risques psychosociaux qui apportent des précisions sur le métier de policier aujourd’hui.
Nous pouvons tirer deux enseignements de ces premiers résultats :
- Il existe des dysfonctionnements au niveau du management. Les données recueillies mettent en lumière des lacunes managériales importantes qui nuisent à la performance des forces de police. Les policiers ne disposent pas du support nécessaire afin de progresser dans leurs missions et ont le sentiment d’être abandonnés par leur hiérarchie.
- Nous confirmons également la présence de risques psychosociaux latents et surtout le ras le bol des policiers.
D’autres résultats chiffrés sur la délinquance, les crimes, les arrestations par commissariat permettraient d’enrichir l’étude et d’obtenir une analyse plus fine".


Et vous, quelles sont vos conclusions? 

Personnellement, je n'en tirerai aucune. en tous les cas, pas tout de suite. Cela sera peut-être l'occasion d'un nouveau billet.

A suivre... 


jeudi 31 janvier 2013

De l'excès du pouvoir ???


Yann Galut est, depuis le 17 Juin 2012, élu député de la 3ème circonscription du Cher. Après avoir perdu son siège de député en 2002, il est passé par le Conseil Général du Cher dont il est Vice-président, en 2008. Un homme qui a donc fait de la politique, son métier (même s'il est avocat de formation). Un politicien, donc. 
Comme chacun sait, le député, et plus largement, le Parlement (l'Assemblée Nationale et le Sénat) est un représentant du pouvoir législatif ; il vote les lois que le pouvoir exécutif, au travers de l'administration, et des forces de sécurité (la police et la Gendarmerie) fera appliquer. Il s'agit de ce que les juristes appellent communément le principe de séparation des pouvoirs. 
Pour faire simple, chacun son rôle. 

Lundi, ce sont les débats liés à ce que l'on appelle le « mariage pour tous » qui ont commencé au sein de l'Assemblée Nationale. Ce débat (si tant est que l'on puisse l'appeler ainsi) fait suite aux diverses manifestations s'étant déroulées dans le pays. Les « pour » et les « contre » ont, chacun à leur tour, donné de la voix, et battu le pavé, notamment sur la capitale. 
Alors que le débat commençait au sein Palais Bourbon, les adeptes de l’Institut « Civitas », connu pour être un lobby traditionaliste catholique, ont manifesté à proximité de la bâtisse. En guise de manifestation, ses membres ont tout bonnement prié.  L'Etat français se voulant laïc, depuis la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la prière dans la rue n'est que tolérée, devant se dérouler, normalement, dans un cadre adapté. Seules les manifestations à caractère traditionnel sont tolérées.
Et ce n'était pas le cas Lundi. Civitas, si autorisé à manifester (ce qui semblait être le cas) n'aurait pas dû occuper la voie publique pour prier. Soit. 
Il revenait alors au Préfet, qui a autorisé la manifestation, d'ordonner sa dissolution ; au besoin, en ayant recours à la force publique. 
Et nous retrouvons là monsieur le Député Yann Galut qui, sortant de l'hémicycle, se dirige vers le cordon de policiers qui encadrent les manifestants, offusqué par le fait que ses « collègues » aient été, eux-même, quelques instants avant, repoussé par les forces de l'ordre. Et, lui aussi est donc stoppé dans sa progression. 
Désireux d'aller se frotter aux « Civitas », monsieur le Député est insistant. Exhibant au nez du fonctionnaire en civil, sur place, ce qui pouvait s'apparenter à une carte tricolore, de parlementaire. 
Le policier reste calme, et demande à ce qu'il en soit de même pour la personne qui lui fait face. Au motif qu'il est « parlementaire », Mr Galut insiste pour « passer », avec ses collègues. Toujours sa carte à la main, largement exhibée. Le policier, gêné devant la pression qui lui fait face, fait patienter le parlementaire, le temps de prendre ses ordres auprès de la hiérarchie. Le député insiste lourdement, et on le sent bien énervé. Il se veut scandalisé, arguant du fait que le fait de repousser un parlementaire qui veut rejoindre des manifestants serait interdit.
Mr le Député oublie juste qu'il a en face de lui, ne lui en déplaise, des gens qui réfléchissent ; et il semble bien que Mr Galut et ses « collègues » ne souhaitaient pas se joindre à la prière des Civitas. Il n'y a qu'à le regarder pour le comprendre !
C'est donc par souci du maintien de l'ordre public que le policier empêche tout contact entre députés et manifestants. Grand bien lui fasse.  
Les « collègues » de Mr Galut le conseillent alors : « appelle le Cabinet du Ministre ». Ben voyons... « je n'ai pas son numéro », répond Monsieur Galut. Pas de chance !
Qu pouvait esperer monsieur le Député ? Pouvoir passer le téléphone au policier, lequel se serait entendu dire « laissez-les passer » ? 
Je ne parle pas du fond, de la séparation des pouvoirs, je laisse les considérations à proprement juridiques aux professionnels du droit constitutionnel. 
Quoi qu'il en soit, le parlementaire n'était pas son rôle allant aux devants de Civitas. 
Il l'était encore moins au moment où il voulait faire pression sur le policier, exhibant sa carte ou désireux d'appeler Bauveau à la rescousse. 
J'ai juste trouvé cela honteux, et je me suis trouvé choqué par ces images et le comportement du parlementaire. Je me suis tout simplement mis à la place de mon collègue. Il était bien embêté, mais il a tenu bon. Oh, je ne suis pas un spécialiste du maintien de l'ordre. Mon collègue a fait ce qu'il avait à faire. Mais c'était loin d'être facile que de « tenir » devant celui qui a voulu abuser de ses fonctions. 
Parce que c'est bien de cela, dont il s'agissait. 
Monsieur le Député ; vous êtes un représentant du peuple français. A quel titre vous sentez-vous autorisé de mettre sous pression un fonctionnaire de Police d'Etat, qui agissait dans le cadre de ses fonctions ? 
Votre rôle de parlementaire vous donne des droits, mais aussi des devoirs. Lorsque vous déclarez vouloir dissoudre le mouvement « Civitas », vous êtes dans votre droit. Lorsque vous écrivez au ministère de l’Intérieur, pour demander cette dissolution, vous êtes dans votre droit. 

Mais lorsque vous haranguez un policier au motif que vous êtes « parlementaire », sous-entendu que vous avez tous les droits, vous dépassez les limites de votre fonction. 

A l'heure où un nouveau Code de Déontologie est discuté dans la Police Nationale ET la Gendarmerie, il me semblerait que vous ayez oublié la définition du mot, et qu'il pouvait également vous être opposé. 
A ce titre, j'ai parcouru le Code de Déontologie de l'Assemblée Nationale, que l'on peut trouver ici .
Oh, il ne m'a pas fallu bien longtemps pour voir constater que je n'y trouverai rien à vous y reprocher, en fait. Rien non plus dans le règlement intérieur de l'Assemblée Nationale. Rien non plus sur un plan pénal, puisque vous disposez d'une immunité parlementaire. 

Et pourtant... 
Oh, je suis sur que vous n'étiez que peu, voir pas du tout inquiet. Rien n'arrivera. 

Le policier, s'il vous avait laissé passer, aurait eu de problèmes, si la manifestation avait été perturbée, et/ou s'il y avait eu un mouvement de foule entraînant des blessés. Vous l'auriez exposé.... 
Mais cela vous est , j'imagine, bien égal. Le policier ne semblant, pour vous, qu'un moyen pour arriver à vos fins.... mais quelles sont-elles ? ? ?




samedi 19 janvier 2013

quelque part entre les Antilles et Stockolm...


On peut définir le syndrome de Stockolm comme est un phénomène psychique caractérisé par un sentiment de confiance, parfois même de sympathie, que développe une victime de prise d'otages envers ses ravisseurs. Ce sentiment peut aussi apparaître chez le ravisseur qui se laissera influencer par la victime. 
Cette définition, je ne l’ai pas inventé, vous trouverez un article bien plus précis ici.
Qu’est-ce que cela vient dans la choucroute (normal, pour un alsacien), me direz-vous ?

Me voilà au sortir de quelque 45 heures de travail accomplies en trois jours. Avec, autour, deux journées « normales », d’une dizaine d’heures. Bref, une semaine bien chargée, qui a commencée par des surveillances, s’est poursuivie par des interpellations, et une séquence de garde à vue en criminalité organisée. L’issue s’est avérée, pour nous, positive, puisque ces interpellations se sont traduites par l’exécution d’un mandat de dépôt, pour les gardés à vue, à la prison locale.
Bien entendu, je ne parlerai pas du fond, secret de l’instruction oblige. Mais plus de l’ambiance… au sens large…
Le premier jour est celui, systématiquement, de l’interpellation. Il va de soit, et c’est on ne peut plus logique, que le gardé à vue ne nous porte pas dans son cœur ; il voit, par le biais de son interpellation, et de la garde à vue qui s’en suit, ses perspectives d’avenir s’assombrir… et ce, d’autant plus que, plus on  grimpe la hiérarchie des services judiciaires (ce n’est bien sur pas systématique, mais assez souvent vérifié) plus les chances d’en sortir à l’issue sont réduites. Les services que je fréquente depuis quelques années, et l’expérience qui est désormais la mienne me font dire qu’il est assez rare qu’un individu interpellé par nos soins ne soit pas placé en détention provisoire à l’issue de la garde à vue. Je me répète, mais c’est important, ce n’est pas une vérité absolue, mais un constat. Il est évident que chaque affaire est différente, et que ce sont toujours les magistrats qui prennent les décisions de mise en examen, et placement en détention provisoire. Mais ne nous égarons pas…
Donc, le premier jour, celui de l’interpellation, est assez souvent « tendu ». Le gardé à vue ne sais pas à quelle "sauce" il va être mangé. Et, du coté du policier, il a beau en connaitre pas mal sur son "client" (avec les écoutes, surveillances, etc…), le fait de l’avoir en face, ce n’est pas pareil. Bref, le policier et le gardé à vue se jaugent l’un l’autre.
Et le temps passe. Les auditions se suivent… les versions évoluent. On passe, bien souvent, du mensonge éhonté, dans la première audition (que l’on appelle audition de chique) à quelque chose qui se rapproche souvent plus de la vérité. Je mets de côté les menteurs professionnels qui, pris dans la main dans le pot de confiture, ne reconnaîtront pas l’avoir touché. Bref, n’en déplaise à certains avocats, une certaine complicité s’installe. Cela n’enlève rien à la place de chacun. Ce qui est écrit le demeure. Mais, en dehors, tout se passe beaucoup mieux. On élargi un peu le contexte pour, finalement, parler de la vie.
Arrive alors la fin de garde à vue.

 Et c’est là l’expérience nouvelle qui est la mienne. Enfant gâté que j’étais à Paris, une fois le « client » au dépôt, tout était fini. On se fait une petite fiesta entre collègues pour décompresser, et on passe à autre chose.
Mais il en est tout autre en province. Il s’agit, là, d’amener les gardé à vue auprès du Juge d’Instruction, pour le déferement ; et ce sont donc les enquêteurs qui assurent la sécurité durant les débats. De fait, d’abord devant le juge d’instruction, puis, éventuellement, devant le juge des libertés et de la détention, le fameux JLD.
Pour la première fois, j’ai donc assisté à ces débats, aujourd’hui. Pour en arriver à ce jeune de 25 ans, qui se trouve devant le juge, assisté de son avocat, qui accepte de répondre aux questions du magistrat. Je ne suis même pas sur qu’il le comprenne toutes. Mais il répond. Juste. Sans surprise. A l'issue, là aussi sans surprise, il est mis en examen ; le Parquet demande son placement en détention provisoire, tout comme le juge d’instruction.  Nous sortons du bureau, dans l’attente d’être reçus par le JLD. Entre temps, l’avocat se charge de récupérer deux membres de la famille, puisque l’audience est publique.
Et là, il a envie de parler ; plutôt besoin, en fait. Il est sorti de prison il y a quelques mois seulement, sous bracelet éléctronique. Il bosse… un peu, mais cela ne lui permet pas de vivre avec sa petite amie, et leurs deux enfants. Et il est obligé de rentrer un peu d’argent, pour vivre, et faire vivre cette petite famille. C'est du moins ce qu'il m'explique Il est, à cet instant, spontané ; rien ne l’oblige, et tout est « off », comme diraient les politique. Ce qui me fait dire qu’il est sincère.
Sa femme et sa tante, qu’il considère comme sa mère, arrivent. Il retrouve le sourire, le temps d’un bisou volé auprès de sa bienaimée. Pour l’occasion, elle s’est « bien » habillée. C’est important de bien paraître au tribunal. Un peu comme à l’Église. Finalement, il s’agit de se montrer sous son meilleur jour devant celui qui va décider pour vous…
L’audience commence ; le représentant du Parquet est entendu. Puis le client, et son avocat. Le magistrat demande quelques minutes pour délibérer. Il s’agit alors de dire au revoir à la famille. La petite amie garde le sourire ; cela semble remonter le moral du jeune homme. L’homme va pour embrasser sa tante. Il lui bise la joue gauche, puis tend sa joue droite. Mais rien ne vient. Nouvelle tentative…. Pas plus fructueuse. Il a, en retour, un regard froid. Sur le coup, il reste fier, mais, aussitôt qu’il doit lui tourner le dos, les larmes commencent à couler sur sa joue. L’attitude de celle qu’il considère un peu comme sa mère l’a touchée au plus haut point.
J’avoue, il me fait de la peine. A 25 ans, il semble plein de bonne volonté, depuis trois jours que nous nous côtoyons, il est très respectueux (ce qui est loin d’être la règle) mais n’arrive pas à trouver de travail; le chômage des jeunes est ici un gros problème. Il fait bien de la mécanique, pour les copains, les connaissances.. ; arrive à gagner un petit billet, à droite à gauche… mais ça ne fait pas vivre. Comme souvent, la facilité s’est emparée de lui. L’argent facile. Dur de résister, surtout lorsque l’on n’a pas d’autre opportunité, et des mauvaises fréquentations !
J’éprouve beaucoup d’empathie, pour lui. Il me fait de la peine. C’est là que je voulais en arriver.
Que les choses soient claires ; à aucun moment, l’enquêteur n’a quoi que ce soit de personnel contre celui qu’il va ou qu’il a arrêté. Chacun sa place. Le policier fait son métier, mais il n’y a jamais rien de personnel. Soyez-en certain. Nous nous devons d’être neutres, notre seul but étant de résoudre l’énigme, l’enquête qui nous est confiée.

Celui qui est désormais partie à l'enquête, puisque mis en examen, est vraiment touché ; au plus profond de lui. Et je suis gêné… ; enfin, pas gêné, il n’y a pas d’erreur, dans l’enquête, et ce qu'il a fait est grave; certainement sans qu'il en ai conscience… l’homme est à sa place… Mais, d’une certaine manière, comment pourrait-il en être autrement ? Il n’a, semble-t-il, aucun environnement positif, personne pour l’emmener vers le meilleur. Quelles solutions s’offrent à lui ? La réinsertion ? Un petit coup de canif, et l’engrenage a fait le reste…

Décidément, je faiblis, avec le temps…

Me voilà donc, ce soir quelque part en Suède… pas très loin de Stockolm…