mercredi 3 octobre 2012

Toutes les vérités sont bonnes à dire... y compris en garde à vue


Ah... que ça faisait longtemps.. ah... que ça faisait longtemps.... la bonne vieille marotte!
Voilà que Maitre Eolas nous fait un retour sur la garde à vue à l'occasion de l'affaire qui secoue actuellement le handball français. 
Théoriquement, vous avez lu le billet d'Eolas... mais; si ce n'est pas le cas, allez-y, ici. 



Comme vous l'imaginez, je ne pouvais m'empêcher de lui répondre... et je vais donc le faire "point par point", afin que je sois certain d'être bien clair.

D'avance, je m'excuse des citations parfois longues, mais il me parait utile détailler mon avis, sur tous les points abordés. 

Déjà, ces joueurs ont donc fait appel, comme vous l'avez dit, à des pénalistes réputés. Il m'arrive parfois de pester contre les voyous que je croise, qui ont les moyens, et on se demande bien comment, de se payer des avocats réputés, dont les honoraires le sont tout autant.
Dans le cas présent, la question se pose moins (encore que, vue l'infraction elle-même...), donc, cela ne me gêne pas. Ajoutez à cela les possibilités qui font que, du fait de la "publicité indirecte" qui leur est faite, les défenseurs peuvent choisir de ne pas se faire payer leurs émoluments.
Ils ont choisi des avocats qu'ils estiment "bons". Soit.
Ceci étant, et j'en ai eu la démonstration hier, vous ne pouvez empêcher l'inconscient de certains, de se dire, et c'est facile, je le concède "ah, ils ont donc quelque chose à se reprocher". Je le répète, c'est un raccourci, soit.
Vous nous faites ensuite remarqué que "tous ont fait le choix, manifestement coordonné...." Ah, ça veut donc dire qu’ils se sont préparé à l'éventualité de la garde à vue; ok, ok... ils ont donc eu le temps d'en discuter, entre eux, avec leurs avocats... bref, on peut donc considérer qu'ils ont eu le temps de coordonner leurs versions! ok, ok... soit!

Ah, un de mes moments préférés.... le pays "droitdelhommiste"... oh, je vais m'attirer les foudres de Jupiter, je le sens... mais je suis d'avis que ce genre d'adjectif (qui n'en est pas un, mais bon, il est employé ainsi) nous cause, chaque jour, plus de soucis que la veille; on veut tellement créer du droit qu'il en devient parfois absurde, voir incongru, et parfois bien loin de ce que l'on imagine être la justice. Ceci étant, je ne peux nier le fait qu'il faut poser des limites à tout, et que c'est bien le rôle du droit que de le faire.... mais nous sommes désormais bien plus loin que ce que l'on peut attendre de la justice. Et notre société est le reflet du droit appliqué.

Ah, mon passage préféré. Si si, je vous assure, je l'adore, celui-là; histoire de bien faire éveiller l'inconscient des lecteurs:
" Le policier est libre, le gardé à vue ne l’est pas (il peut même être menotté au cours d’une audition, alors qu’il est formellement interdit à un juge d’entendre une personne entravée"
Non, vraiment, je l'adore; je pense encadrer ce passage et le mettre dans mon bureau; j'espère avoir un jour l'honneur de vous revoir, Maitre, et peut-être consentirez-vous à me le dédicacer.
Plus sérieusement; à quoi sert ce passage? Pourquoi se sentir obligé de rabaisser la fonction policière... j'ai l'impression que, dans ces mots, il y a, non pas de la haine (je sais bien que ce n'est pas le cas), mais quelque chose d'indescriptible, mais si loin de l'image de la police; dans les faits et dans la réalité. Vraiment; je suis... non pas choqué (il m'en faut un peu plus, désormais), mais désabusé par ce genre de phrase, qui nous renvoie à une image de tortionnaire, encore une fois....Je rappelle que lorsque le policier entend quelqu'un qui est menotté, c'est qu'il estime qu'il y a un danger potentiel; que la personne est susceptible de s'évader ou d'être violente. 

Bon, bref; je sais bien que je ne vous apitoie pas.Mais, non las, vous continuez:
"Le policier fait un service de huit heures et rentre se reposer..." Là, vous lisez dans mes rêves; comment avez-vous deviné? Oh, certes, il est des policiers qui font des journées de huit heures (allez, je vous le concède, il y en a même qui en font moins); remettons les choses à leur place, si vous le voulez: ces policiers (bande de fainéants) lorsqu'ils ne font que ces heures-là, sont donc en "équipe"; c''est à dire qu'ils sont de matin ou d'après-midi. Ils commencent donc très tôt et finissent tard. D'ailleurs, ceux qui sont d'après-midi, font, 90.% du temps, des heures supplémentaires, dans la mesure où, vous ne l'ignorez pas, la garde à vue est limitée dans le temps... eh oui, il est loin, mon rêve, où je ne fait, sur une garde à vue, que huit heures, parce que je sais que j'ai tout le temps que je veux pour procéder aux actes nécessaires...
Donc, ces collègues fainéants qui ne font que huit heures ne représentent donc pas toute l'institution judiciaire. Eux font ce qu'on appelle le "ramassage"; certes, en terme de chiffre de garde à vue, un nombre certain de mesures qui tend d'ailleurs à baisser. Mais toutes les affaires judiciaires que vous pouvez voir au travers des médias, qui sont le fruit de longues enquêtes... toutes ces affaires sont traitées par des policiers qui font bien plus que les 8 heures. Et bien souvent ces heures ne sont pas "notées", et donc ni récupérées ni payées. Ces heures sont faites dans le seul but d'accomplir le travail de la meilleure manière qui soit. Et il n'est pas rare que ces heures se rapprochent bien plus de la vingtaine que des 8 petites heures décrites plus haut.
Attention, je ne cherche pas à faire pleurer dans les chaumières. Je veux juste, encore une fois, remettre les choses à leur place.

ah, les conditions de la garde à vue... un point sur lequel je suis partagé. Souhaiteriez-vous, peut-être, que l'on donne des "étoiles" aux cellules de garde à vue, A celles qui auront la télé, celles qui auront une bibliothèque bien remplie, un large choix de musique, un téléphone.. peut-être un lit double (sait-on jamais, les rencontres dues au hasard....). Non, sérieusement. Je puis concevoir qu'il y a des choses qui ne devraient pas avoir cours.. le minimum étant un matelas propre avec une couverture (et je sais bien que c'est loin d'être toujours le cas), et des toilettes propres. Pour le reste, oui, il s'agit de mesures de sécurité. Et vous n'imaginez pas l'ingéniosité dont savent faire preuve certaines personnes. Je préfère donc prendre le risque d'empêcher 200.000 personnes de lire pendant  24 heures (j'espère qu'elles ne comptaient pas sur la garde à vue pour se cultiver) que d'en voir une seule qui s'est étouffée avec du papier.

"Quand je suis commis d’office pour assister un gardé à vue, je sais que je suis confronté à une personne qui n’a qu’une hâte : que ça se termine le plus vite possible, et qui est prête à dire toutes les sottises qui lui passeront par la tête dans l’espoir que ça se termine".

Le jour où il viendra à l’esprit que la vérité, c'est bien, aussi. Que jamais il n'est demandé à un gardé à vue de mentir. Certes, les questions sont posées, reposées, reformulées, c'est vrai; mais c'est notre job. Et l'on parle bien de vérité, pas d'inventer. Bien souvent, les ennuis commencent avec les mensonges. Et, une fois de plus, les déclarations doivent être corroborées par des éléments, qui sont plus ou moins nombreux, parfois absents, c'est vrai... de là à dire que les enquêtes sont transmises, et jugées avec un "oui, c'est moi, je l'avoue", et point barre... Non.

"Pendant le temps que vous vous languissiez, la police a travaillé".... faites attention, vous pourriez être pris de regrets, que d'écrire de tels mots!

"Le résultat de ces investigations a été consigné dans des procès-verbaux. Le policier les connait. Le procureur les connait. Le juge d’instruction les connait. La presse les connait. En fait, tout le monde les connait sauf deux personnes : votre avocat et vous. Et pourtant, c’est vous qui allez être interrogé sur le contenu de ces PV".

Allez, un brin de mauvaise foi... "tout le monde sauf vous et votre avocat". Ben voyons! 
L'avocat qui assiste aux auditions, avec un un brin de logique, dispose de nombre d'éléments qui figurent dans le dossier. Certainement plus que ce qui fuite dans la presse (fuites qui demeurent une aberration). Pour ce qui est du reste du dossier, vous l'aurez... plus tard... 

"La plupart des questions posées sont des questions dont la police a déjà la réponse".
Ah, une vérité; une vraie. Ce principe sert à jauger, autant que faire se peut, de la bonne ou mauvaise foi de la personne qui nous fait face. 

« Le réflexe des gardés à vue étant de mentir, c’est un jeu de massacre »
Ah, drôle de réflexe, mais soit. C’est vrai ; j’espère que nos handballeurs n’étaient chez leur maîtresse au moment d’enregistrer leurs paris ! Mais, je vous le concède, le mensonge peut vouloir cacher autre chose. Maintenant si comme vous le dites, l’enquêteur connait déjà toutes les réponses, il va pouvoir mettre à l’aise le client, et lui faire comprendre qu’il est informé de la double vie du gardé à vue. Surtout s’il était sur écoute.
Allez, je me livre à un petit tuyau ; je ne devrai pas, mais bon… lorsque vous êtes sur écoute, toutes les conversations sont enregistrées et écoutées. Je dis bien TOUTES. Mais n’apparaitront dans le dossier, retranscrites, que celles qui intéressent l’enquête. Tirez-en les conclusions que vous voulez…

Petit cours d’histoire du droit, sur l’origine de la présomption d’innocence. J’apprends ; comme beaucoup. Soit. Passage intéressant, « la loi punissait sévèrement le faux témoignage sous serment… ». Que l’on revienne à cela, et dès demain, je donne moi-même le dossier à l’avocat, et je le lui photocopie, même. C’est bien là le problème ; jamais on ne sanctionne le mensonge. Qu’il soit devant les policiers, devant le juge d’instruction…. On a beau jeu de dire que la peine est aggravée, si l’auteur est convaincu de mensonge… mais ce n’est pas vrai. Auquel cas, les prisons seraient deux fois plus remplies qu’elles ne le sont.

"Il n’y a que les coupables qui refusent de prouver leur innocence. N’est-ce pas monsieur Aphatie" ?
De mon point de vue, c’est une réalité. Pourquoi refuser ? Ah oui, au nom des sacro-saintes libertés, c’est vrai. Celui qui n’a rien à se reprocher, qu’il souffle. Si, effectivement, cette personne roule à l’eau claire, eh bien quelques instants plus tard, elle pourra repartir.

Vient maintenant ce que je qualifierai d'équivalent au "point Godwin" de la garde à vue! Cela me fait penser que je devrais trouver un terme à ce moment que nombre d’avocats nous servent à toutes occasions… C'est donc à ce moment précis qu'on nous repasse les Richard Roman, Outreau, Dils, Loic Secher…. Oh, ces cas ne me laissent pas indifférent. Loin de là. Mais, je vous rassure, aucun d’eux n’a fait de prison pour avoir truqué des paris sportifs. Bien sûr que ces erreurs judiciaires sont terribles pour ceux qui les ont vécues. Rien ne pourra jamais remplacer cette liberté qu’on leur a prise injustement. Mais combien y a-t-il d’erreurs, sur le nombre d’affaires traitées ? Bien évidemment, qu’il y en qui n’ont pas fait l’objet de tant de publicité, mais au regard de ce qui est traité tous les jours, la statistique est vraiment très faible. Cela n’enlève rien au fait que, celui qui s’est vu injustement condamné, pour lui, c’est du 100%. Bien sûr, qu’il faut tendre à ce qu’il y a le moins d’erreurs possibles. Mais aucun système n’est parfait. Aucun ; ni le nôtre, ni le système anglophone, ni aucun autre. La Justice des hommes ne peut être parfaite, puisqu’humaine.
Mais dire à un gardé à vue de ne pas parler, c’est un peu comme dire au potentiel acheteur d’une voiture de ne pas l’acheter, parce que, tous les ans, il y a des morts sur la route. Ou encore demander au policier de ne pas courir après le voleur, il pourrait se blesser ! Bref, dans tous ce que l’on fait, au quotidien, il y a des risques. Certes, la garde à vue n’est pas du fait de celui qui la subit. Mais, croyez-moi, les garde à vue « injustes » représentent une infime partie du chiffre global. Et, bien évidemment, si on savait à l’avance que la personne était innocente, elle ne serait pas en garde à vue. Mais cela, on ne le sait qu’après. Oui, il y a la présomption d’innocence. Celui qui n’a pas été condamné est considéré comme présumé innocent. Mais là aussi, un vide subsiste. Celui que tous les éléments accablent a droit au même traitement que celui sur lequel des doutes subsistent. Prenez l’exemple du voleur pris la main dans le sac. Eh bien il est considéré comme présumé innocent. Jusqu’au procès.

«  Il suffit pour cela qu’un officier de police judiciaire estime qu’il existe contre vous des raisons plausibles de soupçonner que vous avez commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d’une peine d’emprisonnement. De simples raisons plausibles. Qu’il estime souverainement, il n’existe aucun recours, aucune voie de droit pour contester cette appréciation d’un policier qui va vous coûter jusqu’à 48 heures de liberté ». 
Ah, cet OPJ, empêcheur de vivre en rond ! C’est un peu trop facile, que de décrire la décision de garde à vue ainsi. Certes, c’est la définition du Code de Procédure Pénale. Pour autant, je ne me suis jamais levé, un matin, en me disant « tiens, je vais mettre Bidule en garde à vue ce matin. Pourquoi ? Je m’en fous, c’est moi qui décide ». Ni moi, ni aucun de mes collègues n'avons jamais agi de la sorte ! La mesure de garde à vue fait l’objet d’un avis (même si c’est par mail ou fax) à un magistrat qui, au cours de la mesure va demander à ce qu’on lui rende des comptes sur les éléments . Ajoutez à cela le contrôle administratif qu’exerce la hiérarchie du policier. Chaque mesure que je vais prendre sera, au préalablement discutée avec cette hiérarchie.
Arrêtons donc, une fois de plus, de vouloir faire croire que les OPJ sont des tortionnaires sans aucun contrôle...

« Vous allez être confronté à un policier qui, lui, est convaincu que vous avez quelque chose à vous reprocher. Sa conviction repose sur quelque chose : une raison plausible à tout le moins, un indice, un témoignage, il y a quelque chose. Mais ce quelque chose, vous le ne connaitrez pas. On vous le cachera. On préfère que vous parliez librement, dans l’espoir que vous vous contredirez, que vous direz quelque chose démenti par ce quelque chose contre vous, que vous cacherez quelque chose que la police sait déjà. Et vous vous planterez forcément à un moment ou à un autre. »
Voilà le retour du policier (il n’était pas bien loin) qui n’attend qu’une chose, pouvoir enfoncer, juste parce qu’il l’a décidé au réveil (il devait avoir passé une mauvaise nuit), n’importe qui, pour n’importe quelle raison ! Et pourquoi donc tout le monde se planterait à un moment ou un autre ? De la même manière, il y a des choses largement compréhensibles ; on ne va pas demander le même niveau de détail sur ce qu’il s’est passé dans la vie d’un homme la veille, et sur le souvenir d’une journée de trois ans auparavant !

« … votre premier réflexe sera le plus fatal de tous : vous ne prendrez pas d’avocat, parce que seuls les coupables ont besoin d’un avocat, que cela contrarie visiblement le policier et qu’il vous a laissé entendre que cela rallongera la durée de la garde à vue, ce qui est inexact la plupart du temps, puisque le déferrement dépend d’éléments extérieurs comme la disponibilité d’une escorte et l’organisation matérielle du service : à Paris, le déferrement a lieu entre 18 et 19 heures, même si la dernière audition a eu lieu à 10 heures du matin ». 
J’ai aussi connu le cas d’une garde à vue durant laquelle j’ai dû attendre l’avocat ; et puisque ce dernier est venu plus tard qu’il n’était prévu, le gardé à vue a passé le reste de la nuit en cellule . Mais bon, quoi qu’il en soit, je n’ai jamais déconseillé un gardé à vue de prendre un avocat.

« Par définition, il n’y a pas de preuves de votre culpabilité, puisque vous êtes innocent ».
Alors celle-là, je me la passe dans la tête depuis tout à l’heure… je ne dois pas être bien intelligent, puisque je ne la comprend pas ! Donc, toutes les garde à vue sont des erreurs judiciaires ???  Les prisons sont donc remplies d’innocents !!!! OK, je note…

« La défense s’exerce à armes égales, c’est à dire dossier ouvert, et les preuves étalées devant vous. Vous avez le droit d’être confronté à vos accusateurs et à toutes les preuves réunies contre vous. Ce droit vous est dénié en garde à vue. La seule conséquence à en tirer est de ne pas collaborer à cette mascarade ».

On vous l’a dit, Maitre ; la garde à vue n’est pas contradictoire. C’est ainsi. Et ce n'est pas moi qui l'ai dit, mais le Conseil Constitutionnel. Tous les éléments seront connus du gardé à vue ultérieurement. Arrêtons de croire que les policiers n’ont qu’une envie, mettre tout le monde en prison. Ce que nous voulons, c’est arrêter les auteurs d’infractions. Cela tombe sous le sens.
« ... quand on se tait, on ne se contredit pas, on ne se trompe pas, on ne s’enfonce pas sans le vouloir »
En tous les cas, "on" ne s’explique pas. Donc, une raison de plus pour l’enquêteur de se dire qu’il y a quelque chose à cacher. Et, si le magistrat était indécis, peut-être la goutte qui va remplir le vase, et conduire à une incarcération. Alors que répondre aux questions aurait pu clarifier la situation très rapidement.

Enfin voilà, Maitre Eolas, vous nous refaites le procès de cette mauvaise police, contre tous ces gens innocents. Je ne reviendrais pas sur les raisons matérielles, de sécurité, d’organisation, qui font que l’accès au dossier ne doit pas vous être autorisé (même si tout le monde semble convaincu qu’il le sera un jour).  Jamais, dans votre billet, vous ne parlez de vérité. Ni de mensonge, d’ailleurs ! Que le gardé à vue mente ou dise la vérité vous indiffère  Une fois encore, votre intérêt, en tant qu’avocat, et ce n'est pas un reproche, juste un constat, n’est pas la vérité. Il est de satisfaire votre client, de faire en sorte qu’il soit le moins durement « punis ».
N’inversons pas les rôles. 


Pour ce qui est de nos champions du monde, je ne porterai pas de jugement sur le fond. Nous verrons bien l’issue de cette affaire. Une chose est certaine. Nous sommes passé, et là, je vous rejoint, de l’âge d’or du handball à l’âge de glace. Je suis de ceux qui pensent qu’il devrait tout simplement être interdit de donner tant de détails sur les affaires en cours ; surtout si elles sont de nature à faire l’objet d’une médiatisation plus qu’à la « normale ».
Cette affaire est sortie voilà quelques mois, déjà ! Tout était écrit ; à partir du moment où la presse s’est faite l’écho d’une supposée tricherie, la machine était lancée. C’est, de fait, la presse elle-même, qui a piégée les joueurs. Une fois l’affaire dans les journaux, les joueurs auraient visiblement paniqué, et passé des coups de téléphone plus qu’à l’habitude, en faisant état de l’affaire. Bref, c’est lors de ces instants qu’ils ont été les plus crédibles.  Quelle a été la teneur exacte de leurs propos ? Seuls les enquêteurs le savent. Les enquêteurs… et les parties prenantes au dossier.
Nous verrons bien, d’ici à quelques mois, l’issue de cette affaire. Mais, quoi qu’il arrive, innocents ou coupables, les joueurs auront été lynchés. 
Pour ce cas, on ne peut pas "refaire le match". 

samedi 22 septembre 2012

un fil et deux pots de yaourt... ne vous inquiétez pas, la police veille!

Une fois n'est pas coutume, je ne vais pas vous parler d'actualité, mais plutôt du quotidien des policiers. Tous les policiers. Qu'ils soient en tenue, en Sécurité Publique, en Police Judiciaire, en CRS ou encore en sûreté du Territoire. Ce sont des métiers bien différents, mais qui ont tout de même des points communs. Et ces points communs sont avant tout matériels.
Si je vous parle matériel, vous allez, avant tout, penser à l'arme à feu, puisque c'est la plupart du temps son usage qui en est médiatisé. Elle a son importance, certes, mais se trouve être bien plus utile dans la dissuasion que réellement utile en tous temps.
Les plus tordus vont ensuite penser aux menottes. Oui oui, je vous vois, là... on s'est compris. lol Bref, les menottes, bien sur, utiles aux interpellations, et permettant d'éviter qu'un individu interpeller puisse prendre la fuite, ou encore frapper les policiers interpellateurs. Bref, elles aident à maîtriser celui qui est interpeller.
Tous les policiers de France et de Navarre, pour peu qu'ils soient 'actifs" sont équipés d'une arme individuelle et d'une paire de menottes.
Mais il est un élément qui me semble bien plus indispensable encore que tout cela: la radio.
La Police Nationale est dotée, depuis 1994, du système ACROPOL, qui n'est autre que l'acronym de "Automatisation des Commumnications Radiotéléphoniques Opérationelles de Police".
Ce système est sécurisé, numérique, et a surtout le mérite d'être utilisable sur tout le territoire national. Que l'on soit à Lille, Marseille, Paris.... et, fonction de certaines options, que tout ce petit monde soit sur le même canal; enfin, depuis la mise en place de ce système, on appelle ça une "conférence". Petit à petit, ce système a donc étendu. Avec un cout non négligeable. 640 millions d'euro, selon Wikipedia. Outre le système radio que l'on a tous en tête, cet appareil permet des appels directs, de style téléphonique, entre deux appareils, via un numéro d'identification unique.
Par ailleurs, ce système peut être couplé avec les réseaux d'autres services de secours, comme les Pompiers, le Samu... via le système Antares. Les gendarmes, quand à eux, utilisant le réseau "Rubis", lequel peut aussi être mis en réseau avec Acropol ou Antares.
Alors que j'étais en poste à Paris, j'ai souvent critiqué ce matériel. Problèmes de relais dans certaines rues, postes qui font 3x la taille d'un téléphone mobile, batteries fragiles....
Mais ce système a le mérite d'exister.

Voilà maintenant un mois que je suis arrivé aux Antilles, et que je suis affecté. J'apprend donc le fonctionnement du service, comme le fait n'importe quel "petit nouveau". Même s'il s'agit d'une antenne, il s'agit d'un service réputé. Je n'en dirai pas plus. La seule chose que l'on puisse dire, c'est que, dans l'inconscient de tous mes collègues, ce service est bien "doté".
Eh bien force est de constater que ce n'est pas le cas. Et même loin de l'être. Toutes les voitures ont près de huit ans, plus de 100.000km au compteur. Et, autant dire que ce kilométrage, aux Antilles, vaut un bon 200.000 en métropole, tant les voitures se dégradent du fait de la chaleur et de l'humidité qui plombent le matériel  Ajoutez à cela une bonne RGPP, donc une réduction des dépenses (comme toutes les administrations), et vous arrivez à la situation actuelle.
Ah si, j'oubliais.... enfin non... c'est là que je voulais en venir. Le service n'est doté d'aucun système radio.
Si si, c'est vrai. Si vous êtes policier, comme moi, vous devez penser, dans votre imaginaire, que n'importe quel service de police dispose d'un système de radio, hein??? Eh bien non! Ce n'est pas le cas! Le commissariat a des radios, mais la PJ... non!
j'avoue être carrément choqué! Il n'en va QUE de la sécurité des fonctionnaires! Très peu de choses, hein!!!
Bien évidemment, pour les surveillances, j'en parle pas... c'est juste quasi infaisable. Alors oui, certains me disent "on fait comme ça depuis six ans, et on a quand-même fait des affaires". Eh bien je dis "bravo", très bien. Ce n'est effectivement pas simple. Mais, pour autant, doit-on s'en contenter? Il n'y a, jusque là, jamais eu de problèmes... ce qui en veut pas dire qu'il n'y en aura pas!
Déjà que, par le simple fait de l'île, de sa construction, ce n'est pas simple, mais sans même pouvoir communiquer, c'est juste quasi impossible! Imaginez une filature.... je précise qu'il n'y a presque pas de noms de rues, ici... ajoutez à cela le fait de n'avoir aucun moyen radio... bref, vous vous amputez d'une réussite.... ajouter les véhicules qui sont connus d'à peu près tous les voyous... des moyens technologiques inexistants... bref, j'ai fait un retour en arrière de 20 ans, sans les radios, avec des voyous qui, eux, sont bien armés, et dangereux!
Imaginez la sécurisation d'une rue, un peu avant une interpellation à domicile; aucun moyen de communiquer, entre le chef du dispo, et ceux qui sont autour de la maison!!!
Tout ceci est assez étonnant.
Et, comme d'habitude, l'administration compte sur la motivation de ses troupes. Et elle est là. Je suis motivé, je vais bosser....mais qu'on nous donne un minimum de moyens, pour travailler, à minima dans la sécurité, et être efficaces!
Je me dis que, si la PJ a eu des résultats avec si peu de moyens, quels seront-ils avec des moyens qui sont juste minimalistes, par rapport à ce qui existe en métropole.
Lorsque je parlais d'aventure, je ne pensais certainement pas à devoir utiliser deux pots de yaourt reliés par un fil pour pouvoir communiquer!
Bref... je découvre... mais, j'en suis sur, ça va marcher. Heureusement, j'ai de bons collègues. C'est déjà ça, me direz-vous

dimanche 2 septembre 2012

qui et quoi pour éteindre l'incendie, à Marseille???

Ca y est... c'est la guerre... en tous les cas, à Marseille, et selon madame la sénatrice Samia Ghali, qui demande donc l'intervention de l'armée! Une nouvelle opération "com" pour un sénateur, tellement ils ne savent comment se rendre utiles. Il ne peut en être autrement puisque, cette élue ne doit pas être sans savoir que pour faire intervenir l'armée en matière de sécurité, il faudrait que soit décrété l'état de siège. Est-ce le cas? Non, nous en sommes loin!
Voilà donc la cité phocéenne portée, semaine après semaine, en une de tous nos quotidiens et hebdomadaires!
On a, à chaque fois, l'impression que c'est nouveau. Pourtant, il y a tout juste quelques mois, Nicolas Sarkozy nommait Alain Gardère, Préfet des Bouches du Rhône, son prédécesseur n'ayant fait, lui-même, qu'une année à ce poste, pour, selon le ministre de l'époque, "redresser la situation".
Et voilà que l'on commence à sortir, dans les presse, des "noms"; quand bien-même, le porte-parole du Gouvernement  Najat Belkacem, et le Ministre de l’Intérieur lui-même démentent!
On laisse fuiter des noms pour tester les réactions... question d'habitude.
A croire que le seul qui puisse régler le "problème" soit le Préfet! C'est lui qui fait les enquêtes, lui qui va, à 6 heures, interpeller les suspects... bref, c'est le Préfet qu'on change!
Lorsque nos politiques comprendront que ce n'est pas en changeant les hommes, d'une année sur l'autre, que l'on avance... et que, bien au contraire, celui qui est enraciné, qui connait la région, connait les différents partenaires, aura une bien meilleure gestion des évènements. Alors, déjà, ça ira mieux.

le canon d'une kalachnikov
Mais pourtant, aussi bon soit-il, un Préfet, ne peut, à lui tout seul, endiguer un problème. D'ailleurs, j'ajoute que, à Marseille, le problème n'est pas nouveau. Même si l'on fait semblant de découvrir le phénomène.
Dans les années 80, déjà, les règlements de compte étaient légion! Et pour les mêmes raisons qu'aujourd'hui: le contrôle des territoires. Seul le produit change; à l'époque, c'étaient les stupes, les machines à sous et la prostitution... il semblerait que maintenant, cela soit plus porté sur les stups.

Les hommes, également, ont changé; A l'époque, il s'agissait de "vieux" voyous, qui se partageaient le terrain. Désormais, ce sont les caids des cités. Mais le problème est le même. On tue pour l'argent et pour faire peur.

Cela signifie quoi? Eh bien, tout simplement que la police ne dispose pas de plus de moyens qu'il y a vingt ans. Et que l'Etat est incapable de régler le problème.
Alain Gardère, lui-même, nous dit qu'il n'y a pas besoin de plus de policiers. Ça tombe bien, on ne saurait pas où les enlever! La réponse doit bien arranger le Gouvernement.
Bien. Pas besoin de plus de policiers. Que faut-il, alors?
Certes, les règlements de compte sont aussi nombreux qu'il y a vingt ans. Pourtant, quelque chose a tout de même changé. En même temps que les caïds contrôlent les cités, les habitants ne s'y sentent plus en sécurité. Alors même qu'ils sont chez eux. Et cela, ce n'était pas le cas, me semble-t-il, il y a 20/30 ans. Quelque chose a donc bien changé, et la situation s'est aggravée.
Qui a la solution? Vraisemblablement, personne!
Il n'y en a, je pense, qu'une seule. Plus de moyens! Des policiers, que ce soient des enquêteurs ou encore des intervenants en tenue, mais pas seulement. Toute la chaîne doit être complétée. Cela va des personnels sociaux, aux magistrats; en passant par les gardiens de prison, agents de probation, etc... Mais cela, personne ne pourra l'envisager. Il n'y a plus de sous. Alors on va prendre 10 policiers à droite, et les mettre à gauche. 1 magistrat en plus; deux agents de probation.... bref, on va faire un peu de vent, histoire de dire qu'on ne fait pas "rien". Et, une fois que tout cela ne sera plus médiatisé, le jeu des mutations fera que, dans une année, on sera à nouveau au même stade. Des policiers seront partis en retraite et non remplacés, un magistrat aura été muté, et son cabinet ne sera pas repris.... et on reviendra à la case départ.
Depuis bien des années, maintenant, les Gouvernants ne font qu'une seule chose, céder à la médiatisation. Tout ce qui n'est plus médiatisé n'est plus traité. Bref, avant de soigner le mal, on soigne l'opinion.
Et c'est comme cela que, année après année, les extrémistes font leur nid. Ils n'ont qu'à attendre que les gouvernants actuels ne fassent rien. Et, plus le temps passe, plus les électeurs se disent "pourquoi pas".
Mais cela, nos politiques, tant accrochés à leurs sièges, à leurs mandats (volontairement, j'y met un S), ne l'ont toujours pas compris. Ou peut-être est-ce pire. Ils ont compris. Mais ils sont tellement bien, qu'ils n'arrivent pas à décrocher. Une sorte de drogue, en quelque sorte. Ce sont, finalement, les premiers à entretenir ces climats, à leur niveau. Par leur passivité.
Lorsque eux donneront l'exemple, et qu'ils commenceront par être de vrais représentants du peuple, alors, peut-être, pourront-ils être plus efficace pour lutter contre la criminalité.

Mais ce temps-là, je ne suis pas sur de le connaitre un jour!

jeudi 30 août 2012

Une rentrée pas comme les autres

Me voilà à nouveau en liaison avec le monde du 21ème siècle, puisque je dispose désormais de l'ADSL à mon domicile. Voilà quelques jours que j'arpentais les recoins de la maison pour trouver la meilleure connexion 3G. Et, aussi étrange que cela puisse paraître, plus le temps était incertain, meilleure était ma connexion. Bref. Tout ça pour dire que je suis désormais installé.

Il ne me reste donc que quelques jours avant de faire ma rentrée. Une rentrée, en tous points, pas comme les autres.



Cette année, j'aurai un nouveau Directeur, ainsi qu'un nouvel instituteur et de nouveaux camarades de jeu. Les cours dispensés par mon école métropolitaine, étaient suivis, chaque jour par 90 élèves. La nouvelle n'en compte désormais qu'une douzaine; avec tout juste deux classes. L'avantage, c'est que ma classe sera composée presque exclusivement que de petits nouveaux, comme moi.

Même le terrain de jeu sera différent. D'un milieu urbain, je passe à un milieu insulaire. Et pourtant, le but du jeu est le même. Avoir les meilleures notes possible. Comme partout, certains préfèrent le français, et d'autres les maths...
Pourtant, il subsiste quelques points communs avec mon ancienne école. Il va nous falloir noircir de nombreux cahiers, apprendre nos leçons.
Comme dans mon ancienne école, à la fin, les cancres seront renvoyés.


Le bon coté, c'est la cour de récré. Elle est bien plus sympa. Au lieu de m'enfermer l'hiver arrivant, je vais pouvoir jouer en plein air. Avec mes nouveaux voisins...

Bref, pour quelques mois, c'est une nouvelle vie, qui m'attend... différente en tous points. Pas un seul repère, si ce n'est pas petite famille, et poilu à quatre pattes. Humainement, de quoi resserrer les liens, faire des choses à la foi différentes et nouvelles. Et cela tant professionnellement que personnellement. J'y vois là un enrichissement tout particulier. De mon point de vue, la remise en question est nécessaire; régulièrement. De la sorte, on évite l'ennui, la routine. Simplement, on avance, on évolue... et on s'améliore. Enfin, c'est ce que je pense, et ce en quoi j'aspire.

D'un point de vue bien plus général, peut-être vais-je avoir un peu plus de "recul" avec l'actualité juridico-policière, dans la mesure où je serai, ici, hyper spécialisé, et très peu assujetti aux saisines. Peut-être l'occasion d'avoir un autre regard. Ou pas !

De toutes les manières, comme vous pouvez le constater, aucune raison de ne pas continuer à faire état de mes idées. Ici, ou sur Twitter, (via mon compte PJ_un_jour) .
De votre coté, n'hésitez pas à laisser vos commentaires.

Le hasard fait que ce billet de rentrée est le 100ème publié sur ce blog... l'occasion pour, pourquoi pas, inover. de fait,  si vous avez envie de publier quelques lignes en tant que professionnel (justice/police), n'hésitez pas à me contacter.

Je vous dit, à très bientôt, au hasard d'une conversation qui ne pourra être qu'enrichissante.



mardi 14 août 2012

de l'image du sport...


Voilà bien longtemps que je n’avais eu l’occasion de rédiger quelques lignes… déménagement et manque d’inspiration (les deux sont peut-être liés) en étaient certainement la cause.


Et voilà qu’en cette fin d’olympiade (avant que ne commencent les paralympiques), un sujet s’impose à ma conscience. Dimanche, nos handballeurs, les « experts » ont réussi l’exploit de conserver leur titre olympique, dans, - petite aparté – ce qui a été un superbe match.

Comme il se doit, ils ont ensuite fait le tour des médias, et répondu environ cinquante fois aux mêmes questions ; mais ça fait partie du jeu. Les voilà donc à Londres, sur le plateau de l’Equipe TV. L’humeur est, somme toute, festive, nos handballeurs sont vraisemblablement quelque peu ennivrés, commençant à démonter le plateau ; bon, appelons un chat un « chat », à le casser. J’avoue, j’ai souri. Claude Onesta et Nicolas Karabatic en tête, s’en sont donné  à cœur joie. Soit. Un fait divers, des images qui font le tour du web et des télévisions.

J’en suis resté là, jusqu’à ce que matin, jusqu’à ce twitt de Joseph Macé Scaron, relayant un article de Nicolas Docao, élève de l’ENS Cachan ; article publié sur « le plus » du Nouvel obs (lien).

Il faut rappeler que, dans les semaines qui ont précedé ces Jeux Olympiques, « l’Equipe » n’avait pas été tendre, avec les joueurs de Claude Onesta. Et ces derniers n’avaient pas « bronché », préferant répondre sur le terrain. Et non pas après avoir marqué un seul petit but (cf Mr Nasri), mais en gagnant la compétition ultime, pour la seconde fois d’affilé.

Je l’ai faite, cette comparaison, mais parce que l’on m’y a obligé. J’étais loin d'y avoir pensé. Mais, désormais, certains handballeurs, sont comparés, par certains, à nos footeux. Personnellement, j’ai du mal à comparer l’attitude d’un Nasri ou d'un menez, dont il suffit de regarder le visage pour lire la haine et/ou la rage qui les habite, avec celle d’Onesta et Karabatic qui, somme toute, sont, certes, îvres, mais joyeux. J’interprète cela comme une « revanche bon enfant ». 

Alors que j’ai exprimé mon petit point de vue sur twitter, l’auteur de l’article m’a fait le parallèle suivant : «  M. le policier, si je casse une voiture bourré pour fêter un concours gagné, vous ne me direz rien. Merci. 

J'ai pu lire, également, certains twitts de magistrats ayant à juger des gamins qui avaient cassé des rétroviseurs dixit "pour s'amuser".
Le parallèle a le mérite d’être interessant. Mais je ne met pas tous ces évènements dans le même panier. 
Effectivement, comme ça, si l’on devait casser ma voiture, je déposerai plainte à l’encontre de son auteur ; festif ou pas, îvre ou pas. Et, en tant que policier, bien évidemment, j’interpellerai la personne. C’est évident. Pourtant, à y regarder plus loin, il subsiste des différences qui, selon moi, ont leur importance.


Ainsi, je pose les questions suivantes :

  • Qu’ont fait les journalistes et les équipes de la chaîne TV, alors que Onesta et consorts démontaient ou cassaient leur décor ? à Rien, ils rigolaient
  • La Chaîne TV a-t-elle déposé plainte ? Je n’ai pas l’info, mais je pense que non.  Si cela devait être le cas, la justice suivra son cours.
J’en reviens à l’exemple de la voiture, qui m’a été donné. Et je reprend mes questions :

  • Je vois quelqu’un qui casse ma voiture : une chose est certaine, je ne vais pas me marrer. Ivre ou pas. Joyeux ou pas. Je vais intervenir
  • De la même manière, je vais déposer plainte contre l’auteur des dégradations.
Et je ne parle pas de la pub indirecte faite à l'Equipe TV, puisque ces images ont faites le tour des médias! 

Et j’en reviens, encore une fois, à la manière. Attachons-nous aux images, puisqu’on les a. Les « casseurs » démontent plus le studio qu’ils ne le cassent ! Ils n’y vont pas à coups de pieds, poings et autres outils pour casser le mobilier. Tout se fait en douceur, et dans la bonne humeur.

Reprenez le cas des Nasri et autres footeux ; regardez juste leurs visages, leurs attitudes. Il n’y a là aucune bonne humeur !

Et, encore une fois, Onesta et autres se sont permis cette « réponse », après avoir répondu sur le terrain. Et, selon moi, c’est fondamental. S’ils avaient perdu au premier tour, on n’aurait entendu personne, et ils n’auraient pas été dans les studios de l’Equipe TV. Nasri se permet des insultes alors qu’il a marqué un seul et unique but, au premier match. Alors qu’il n’a, finalement, rien fait d’autre durant la compétition ; et on connait le résultat.
Pour autant, cela ne veut pas non plus dire que l'on peut tout se permettre parce que l'on gagne! 

J’ajoute simplement une chose : j’adore le foot, et suis très peu connaisseur du hand ; c’est parce que je suis supporter de la France, de toutes les équipes de France, que j’ai regardé cette finale. Et, vraiment, l’attitude des handballeurs n’a rien à voir avec celle des footeux dont on a bien compris qu’ils fonctionnent à la pompe à fric ; je parle là que de la majorité de nos internationaux, censé nous représenter. Comme toujours, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier. Ne pas généraliser.

Et j’en reviens à l’image générale qu’a donnée l’équipe de France de hand, à la façon d’un Bolt ; ça, c’est une équipe. Une bande de potes qui vont au bout d’eux-même.


 Enfin, pour ce qui est des paroles de Claude Onesta, je cite « les collabos vont être tondus », il suffit, avec les âmes « bien-pensantes » horrifiées au moindre usage d’un terme en relation avec  la seconde guerre mondiale et la shoah . On peut tout aussi bien être horrifié de ce qui s’est passé il y a près de soixante ans, et comprendre le parallèle qui a été fait, l’image, la signification des termes employés par Claude Onesta. 

Pour conclure, je m'en fiche un peu, de ce qu'il s'est passé sur le plateau de l'Equipe. Ce que je retiendrai, ce qui sera retenu par la très grande majorité, y compris les gamins, c'est cette image. Le reste... 
Enfin, c'est mon avis. 

samedi 14 juillet 2012

Une page qui se tourne

C'est en ce 13 Juillet 2012 que j'ai quitté mon service.
S'il était connu de la plupart de ceux qui passent par ces pages, je ne l'avais jamais cité.
Il s'agit donc de la Brigade de Répression du Banditisme, de Paris. La BRB.

J'y aurai donc passé six années. 
Rétrospectivement, si, lorsque j'ai intégré l'école de police, en 1996, on m'avait dit que j'y traînerais mes guêtres... je n'aurai pu éviter de sourire. Je pense souvent à ces années travaillées dans une brigade de nuit, où j'ai vu arriver ces policiers de la BRB, qui débarquaient à la suite d'un règlement de compte, en banlieue.  Nous étions comme des gamins, avec les grands flics du 36 qui arrivaient. Tout juste osions-nous leur adresser la parole...
Il aura fallu du travail, pour y arriver, du temps, et, nécessairement, une part de chance, une opportunité. Que j'ai saisi, à l'époque, sans même savoir ce que j'allais faire...

Au cours de ces six années, j'ai eu la chance de travailler avec de très grands flics. Selon moi, pour certains, parmi les meilleurs de la profession. C'était un honneur, que d'être à leurs cotés. Et, comme il n'y a pas de grands flics sans grande affaire, il m'a été donné l'occasion de participer à quelques-une d'entre elles. Et pas des moindres.
La plus belle d'entre elle: le vol à main armée commis au préjudice de la bijouterie Harry Winston, à Paris, le 4 décembre 2008. 85 millions de dollars, pour le butin. Dans cette affaire, sans rentrer sur le fond du dossier, il nous a été permis d'user de nombre de techniques de police, permises par le Code de Procédure Pénale. Autant dire, que j'ai donc appris énormément. Mais les belles affaires sont celles qui réussissent. Une trentaine de personnes avaient été arrêtées, quelques mois après les faits. mais, surtout, nous avons pu retrouver une grande partie du butin, en bijoux, et plusieurs centaines de milliers d'euro. Bref: les voleurs interpelés, les magot retrouvé... juste génial.
Et cette affaire reste un beau souvenir également, parce que c'était difficile. Nous ne comptions pas les heures passées au bureau, en extérieurs, la nuit, les week-end... six mois intenses.


D'autres dossiers ont été marquants:
- l'interpellation d'auteurs de casses de bijouteries, qui creusaient dans les murs pour commettre leur forfait
- l'interpellation de braqueurs serbes faisant partie de la "pieuvre" qu'on appelle "Pink Panthers"
- l'interpellation d'un homme soupçonné d'être l'auteur du meurtre d'un bijoutier parisien...

bref, les affaires ne manquent pas; je ne cite que celles qui me viennent immédiatement à l'esprit.

Mais il est une certitude. Le policier, seul, n'est rien. C'est un travail d'équipe. Et c'est la complémentarité des hommes qui fait qu'on arrive à un résultat. Nous sommes tous un maillon d'une chaîne. Et si chacun joue sa partition, nous sommes forts. Très forts. C'est le cas dans le service que je quitte.

Mais voilà. Je suis de ceux qui pensent que, pour se remettre en question, et ne pas s'asseoir sur ses certitudes, il faut bouger. Se remettre en question. Si on reste trop longtemps dans un poste, à force, on en arrive à en faire un peu moins, vivre sur ses acquis et le passé. Et je n'aime pas cela.
Donc, je change d'air. Je vais apprendre autre chose, compléter mes savoirs tout en faisant profiter les autres de ce que je sais faire. Bref, être un autre maillon, dans une autre chaîne.

Et, plus qu'une aventure professionnelle, je vais en profiter pour tenter l'aventure familiale.

Bref, qui vivra verra.

Mais une chose est certaine: PJ un jour... PJ toujours...




mardi 19 juin 2012

soutien

Juste quelques mots de soutien, à l'épreuve que vivent nos collègues gendarme. C'est une bien triste semaine que nous vivons, avec la disparition de deux dès nôtres, dans l'exercice de leurs fonction. Les deux gendarmes abattus intervenaient pour un vol de sac, lorsque l'un d'eux s'est fait dérobé son arme de service, qui servira, quelques secondes à l'abattre, ainsi que le collègue qui l'accompagnait. 
Chaque perte est une mauvaise nouvelle pour nos corporations, mais aussi, plus généralement, pour notre société. 
Votre arme, la Gendarmerie, et toutes les forces de sécurité du pays vous rendront hommage, vendredi, le Ministre de l’Intérieur nous représentant toutes et tous, d'où que nous soyons, qui que nous soyons. Gendarmes, policiers et douaniers pensent à vos familles, dans ces moments si difficiles. 
Nul n'oubliera votre dévouement. 
D'où vous êtes, reposez en paix.